Bref, je prends le tram

Publié le par Raphaëlle Hosteins

 

Plagiat me voilà. Vous connaissez la brève rubrique de bref ?

Ce matin, comme tous les matins, je me suis garée dans le parc relais des tramways parce que je prends le tramway et que j’y vais en voiture.

Je gare ma voiture, je marche, je lève la tête pour voir si le tram arrive, le tram arrive, je cours, le tram arrive trop vite, je le rate, je marche.

Je monte dans le tram suivant et je m’arrête à l’arrêt où la moitié des passagers s’arrêtent pour prendre un autre tram dans lequel la moitié des passagers du tram d’avant montent ainsi que des milliards d’autres passagers. Je pousse, je râle, mon voisin râle aussi, il pousse, la dame avec sa poussette nous pousse tous les 2, l’autre dame crie « vous pouvez vous avancer dans les allées, on arrive pas à monter », les gens s’avancent, ils me poussent, je m’avance et la dame crie « merci ! ».

Le tram se met en route, je cherche des yeux une barre à laquelle m’accrocher, je trouve pas, j’écarte les jambes pour être bien stable, le tram s’arrête brusquement, je penche, je m’appuie sur mon voisin, il râle.

J’arrive à mon arrêt, je pousse pour descendre, je me faufile entre les gens qui veulent monter alors qu’on n’est pas encore descendu, je fronce les sourcils, je râle encore et enfin… j’ai plus qu’à marcher très vite pour essayer de pas arriver trop en retard au travail. Ouf, c’est enfin ma journée de travail !

Et puis c’est la fin de journée, il faut repartir. J’hésite : et si je restais dormir au travail ? Ah ben non, j’ai des enfants…

Je marche très vite pour arriver au tramway. Le panneau d’affichage affiche 9 minutes. Je le regarde, je regarde au loin, je vérifie : toujours 9 minutes, je pars en marchant. Je marche très très vite vers le troisième arrêt de tram pour prendre mon second tram. Je tourne la tête pour voir s’il arrive, il arrive pas, je marche, je tourne la tête, il arrive, je cours.

Je monte dedans : soulagement, il doit m’amener presque jusqu’à ma voiture. Je trouve une place assise tout de suite et à côté de la vitre, resoulagement, je crois que j’ai de la chance. Je lève la tête, le lis le message défilant, je baisse la tête, je sers les dents, je relève la tête, le message n’a pas changé : accident, le tram ne dessert pas toutes les stations. Arghhhh !

Le tram s’arrête, tout le monde descend « Descente de tous les voyageurs », je suis. J’hésite une nouvelle fois : prendre les 2 bus en correspondance pour arriver 2 arrêts après le mien alors que je ne connais pas le coin ni le sens du bus ni… Ou marcher. Je marche. Je marche vite, plus vite, je dépasse des gens, ils me redépassent, je ralentis devant le lieu de l’accident : ah ouais quand même ! Je reprends de la vitesse, je double, on me redouble, je ralentis : aïe, mes cuisses râlent. Je passe devant 1 arrêt, un deuxième, un troisième. J’arrive. Je souffle. Je marche jusqu’à ma voiture et je m’assois. Ouf ! Reste plus qu’à braver les bouchons, récupérer les enfants, rentrer et préparer le repas, les vêtements du lendemain…

Bref, je prends le tramway.

 

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