DésaGREYment

Publié le par Raphaëlle Hosteins

 

Pourquoi, comme la plupart des femelles qui regarde l’anatomie de Grey (pas celui aux 50 nuances hein ! mais les médecins beaux et sexys qui s’aiment et ont des accidents d’avion à chaque épisode), je pleure ?

Parce que le jeu des acteurs est éblouissant ? Ou que les dialogues sont percutants ? Parce que leur histoire ressemble à la mienne (hihi) ? Euh, je réfléchis… Attendez, je réfléchis encore…

Bon, j’ai pas vraiment de réponse parce que je n’ai pas eu le temps d’analyser la question (question hautement importante pourtant) et que je n’ai pas de diplôme de psy, ni chologue ni chiatre. Mais j’ai mon idée. Vous la voulez ? Non ? Alors pas la peine de lire la suite.

« Une femme a mille choses à faire dans la journée » et une maman qui travaille en a un million ¾ : les repas, les courses, les comptes, les trajets, le travail, nourrir les animaux, le ménage, fermer les volets (oui, ben chez moi ça prend plusieurs minutes le matin et autant le soir), le repassage, le sport (le sien et celui de sa progéniture), le paiement des factures, les câlins à chéri (attention ! je dis pas que c’est une corvée ! Ne lisez pas ce que je n’ai pas écrit !), les devoirs, les invitations (à lancer ou auxquelles il faut répondre), se laver/se maquiller/se coiffer/s’habiller (parce qu’il faut être présentable quand même), les rendez-vous médicaux, le tri dans les placards, arroser les plantes, jouer avec ses enfants ou les écouter raconter leur passionnante journée, alimenter son blog…

Ok, c’est pas tous les jours qu’on a la liste complète à honorer mais ça fait quand même des semaines très chargées ! Les petits tracas du quotidien et les problèmes plus conséquents sont ravalés, mis de côté, niés, histoire de tenir le choc. Et quand on s’est bien occupé de tout et de tout le monde, sans réel répit, sans plainte (on râle un peu tout de même, ça fait du bien), on est un peu épuisé mentalement et physiquement.

Et on en est là ! La femme, à fleur de peau, installée devant un téléviseur trop grand sur lequel les visages et les émotions sont démesurés, et débarrassée de ses enfants enfin couchés, commence à se laisser aller. Elle abandonne sa carapace tel un bernard l’hermite en transition, elle se ramollit lamentablement, se liquéfie presque. Et puis, sur l’écran, un regard humide, un sanglot dans la voix, une colère débordante d’émotion et c’est l’ouverture des digues. On se retient d’abord, la gorge en tension, la salive essayant de se frayer un chemin dans la douleur. Puis nos yeux se brouillent légèrement et tout notre corps réclame un lâcher-prise. La lutte dure quelques instants de plus et quand le personnage craque, nous aussi. Et soit que la digue a été ouverte volontairement, soit qu’elle a cédé sous le poids des émotions, celles-ci se déversent en raz-de-marée.

Finalement, c’est juste une excuse pour pleurer sur soi parce qu’on ne se l’autorise pas souvent quand rien ne va franchement mal. Qui donc tolère ce genre de faiblesses ? Comment montrer sa peine ou sa lassitude à son entourage quand on sait le malheur, le vrai, qui s’est abattu sur l’un ou l’autre ?

Allez, j’arrête le mélo. Voilà donc mon idée à moi sur « pourquoi je pleure devant une série guimauve ». Un avis ?

 

Publié dans réflexion(s)

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