Shame on mi-

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Je suis parfois de mauvaise humeur. Parce que j'ai dû me fâcher dès le matin "arrêtez de vous disputer!", "Quoi? Tu rigoles? Je dois signer ta mauvaise note maintenant ???!?!!!?"

Ou parce que j'ai passé une journée pourrie: bouchons, tram bondé, travail caca (oui, je suis hyper puérile et je le vis bien), trajets pour le sport, la maison, le kiné, le sport...des enfants réfractaires aux devoirs...

Bref, la journée d'une femme offre mille occasions...de péter un plomb!!!

Et quand cette mauvaise humeur m'a pénétrée, paradoxalement, je peux l'entretenir jusqu'à la mauvaise foi. La moindre parole ambiguë devient agression "wesh, c'est de la provocation!" Je sur-réagis et mal en plus. Tant pis pour celui qui est là, il a perdu, il reçoit mes reproches. 

Dans ces moments-là, les enfants ont grandement intérêt à se faire tout petits et ils le savent. S'ils doutent, je le leur rappelle à grands coups de "vous n'avez pas intérêt à m'agacer CE SOIR!!!! Maman est déjà en colère". 

Pardon? Ce n'est pas bien? A l'évidence. Mais je ne peux pas me rouler par terre en hurlant et en me tirant les cheveux (trop douloureux de toute façon), je suis une adulte tout de même ! C'est donc un caprice contrôlé et hautement raisonnable. Et puis ça fait partie de l'éducation au même titre que la frustration. Je les prépare à vivre en société. 

Parfois souvent, c'est chéri qui réceptionne. Et j'ai tout un panel de reproches prêts à l'emploi. Et s'ils ne conviennent pas à la situation et à la tournure de la pseudo-conversation, j'arrive toujours à trouver quelque chose sur l'instant: "la façon dont tu me parles est dévalorisante!" ou "tu sais que je vais pas bien en ce moment, tu aurais pu me soutenir". Il ouvre ses yeux bleus bien grands jusqu'à ce que j'y vois un océan, hausse les sourcils frénétiquement l'air étonné, réfléchis, cherche. Il capitule, recule et s'en va puis il revient, décidé à comprendre. Et si je contrôle bien l'exercice, il finit fatalement par s'excuser (non, pas à chaque fois, mais de temps en temps, je vous jure).

Ouais, j'arrive à l'embrouiller. Et vous voulez que je vous livre mon secret? J'y crois. Je crois ce que je dis, je le vis, je le ressens et donc je le transmets avec sincérité. Attention! Il faut que ce soit vrai, hein! (Oui chéri, si tu lis ces lignes, je te promets que tout est vrai, à peine dramatisé). Mais l'exagération et le pathos sont les bienvenus. 

Car c'est trop difficile de stopper une colère juste par la volonté. On a sometimes besoin d'aller plus loin, jusqu'au bout de notre courroux, jusqu'aux larmes libératrices, celles qui nettoient la rage, la haine et la mauvaise foi.

Voilà, je me suis grillée, auto-torréfiée. Chéri va me mettre à l'amende à la prochaine séance de dispute qu'il ne comprendra pas. Mais il se pourrait que cette confession vous rappelle vos propres (forces) faiblesses! Acceptons-nous et assumons-nous!!! 

...

Allez, il y en a bien au moins une comme moi!!!!????? 

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muriel dutheil 16/12/2016 19:54

sur qu'il y en a une autre commme toi ! moi par exemple lol