Moi c'est pire

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Pourquoi ? Pourquoi avons-nous toujours tendance à penser que pour nous c’est pire ? Toujours plus haut, plus fort, plus viiiite ! Jusqu’au bout de … Pardon.

En début de réponse, je pourrais avancer que nous sommes tous tout simplement égocentrique au possible. En creusant un peu plus, je pense que les sensations, le vécu sont tellement forts et imprégnés dans notre chair et nos souvenirs, que, en comparaison de ce que l’on nous raconte et qui n’est donc qu’un récit, les expériences des autres sont moindres.

Un exemple ? J’y viens bien-sûr. Car, comme toujours, c’est de mon quotidien que je vous sors ces sujets absolument passionnants. Et la personne qui se reconnaîtra ne m’en voudra sûrement pas… enfin j’espère… s’il te plait !!!!!!!

Je cause au téléphone avec mon amie (pardonne-moi mon « amie », je t’aime), double maman avec un petit, tout petit de même pas 2 mois. Et sans trémolos dans la voix ni violons, elle m’explique simplement que sa semaine a été difficile : un homme (enfin, le sien hein, pas n’importe lequel) en déplacement toute la semaine et un bébé râleur (à cause de la super lune ? ) et évidemment une grande à s’occuper aussi, une maison, un chien, des courses… Bref, la vie de maman. Comme je la comprends d’être en stress quand bébé pleure et ne se calme pas ! Comme j’ai vécu ça, pleuré, crisé…

Mais honte à moi, j’ai d’abord pensé : moi c’était pire. C’était pire parce que mon homme était tout le temps en déplacement, parce que j’avais 2 grands à m’occuper et que ma dernière, à deux mois, ne dormait pas toute une nuit d’affilée. Et tout en l’écoutant d’une oreille, la plaignant de mes lèvres et me lamentant sur mes propres souvenirs, j’ai aussi eu une pensée pour un épisode de ma vie où les rôles étaient inversés. Je me plaignais et mon interlocuteur, qui pensait avoir vécu pire évidemment, ne s’est pas gêné pour me le dire. Et je l’ai mal pris figurez-vous parce que, justement, c’était mon moment à moi et qu’il était forcément pire !

J’ai donc continué à écouter mon amie mais des 2 oreilles et je me suis mise à sa place (vous remarquerez tout ce que je fais et je pense en même temps ! Qualité féminine…). Peu importe les difficultés au fond que nous avons rencontrées les unes et les autres (et les uns), ce qui compte c’est le moment présent, la peine actuelle, le besoin de réconfort. Et il sera toujours temps de comparer nos expériences et d’en rajouter encore et encore au détour d’une conversation. Nous aurons toutes l’occasion un jour d’essayer de convaincre l’assemblée que notre vécu à nous (et notre accouchement, et les premiers mois de bébés et les maladies infantiles…) était pire que celui des autres. Parce que c’est humain, parce que ça rend les conversations tellement plus vivantes, parce que nous sommes passionnées.

Après cet aveu baveux, ce déballage méprisable, y a-t-il quelqu’une pour admettre sa propre bassesse ?

Commenter cet article