Cœur de maman

Publié le par Raphaëlle Hosteins

 

Le cœur d'un sportif, ça souffre, ça s'épuise, s'agite...et finalement se calme. Et plus il est soumis au stress, à la performance, à ses limites, moins il subit. Il s'habitue et devient un "cœur de sportif".

Le cœur d'une maman est très différent.

Il souffre aussi, s'emballe, s'arrête presque...et quand il repart, un peu plus stressé chaque fois, il craint la prochaine épreuve, assuré qu'il ne la vivra pas mieux, peut-être même moins bien tant les coups précédents l'ont fragilisé.

Et c'est ainsi que mon cœur de maman, en une douzaine d'heures, a tremblé 2 fois.

 

C'est ma petite qui m'a fait une première frayeur. Dimanche soir, apéritif tranquille, elle se saisit d'une demi tranche de jambon de pays qu'elle enfourne en entier. Mon radar s'est mis immédiatement au rouge mais je l'ai ignoré. Il lui aura fallu qq minutes de mastication avant d'essayer de l'avaler. Et c'est là...à ce moment-là que mon cœur s'est agité. Elle nous interpelle, apeurée. Je m'approche pour comprendre précisément le problème. En moins de 2, elle devient toute rouge, ses yeux s'agrandissent, la panique s'y lit et mon cœur s'accélère à l'unisson. Je la saisis par derrière pour tenter une manœuvre de Heimlich pendant que chéri essaye d'attraper l'aliment avec les doigts.

Pendant ces secondes sans fin, mon esprit s'affole. Je visualise les pires conséquences, totalement en panique à l'intérieur. Mais je garde mon calme, toujours accrochée à la chair de ma chair.

Son papa, ce héros, réussit enfin à la délivrer. Je saisis l'occasion pour la gronder. Je prends mes distances, me calme...Mon cœur ralentit, reprend un rythme normal quand mon cerveau maternel analyse, réalise. J'ai eu si peur! Et me voilà toute ramollie, version guimauve grillée de moi-même. Je prends ma fille dans mes bras pour la (me?) consoler et je ne la lâche que lorsqu'elle me le demandera timidement.

 

Le second round arrive le lendemain, alors que ma marmaille est à l'école et moi au travail. Mon téléphone portable se met à vibrer, un numéro non enregistré, et mon cœur vibre déjà plus fort que l'engin. Je décroche: le collège. mon cœur reprend une cadence effrénée, il essaye de sortir de ma poitrine. Je le raisonne : attends donc la sentence !! Mais avant l’annonce du problème (car évidemment, ce ne peut être qu’un problème), je me pose déjà mille questions : qui, que, quoi, dont… euh non, où ?

« C’est votre fils ». Oups. Qu’a-t-il fait ? Que lui est-il arrivé ? Faut-il que je craigne de lui ou pour lui ? « Mais ne vous inquiétez pas, rien de grave ». Oui, ceci est une phrase habituelle pour le personnel en charge de vos enfants. Ils savent, par expérience certainement, qu’il faut commencer par rassurer. Sans quoi, j’imagine, le parent n’entend plus rien, assourdi par les battements désordonnés de son cœur et obscurci par des idées noires. Ouf… Je suis en partie soulagée mais pas encore totalement sereine.

Pour cette fois, c’est une chute au collège. Il est tombé sur la tête. Il va bien mais se plaint un peu et comme l’infirmière n’est pas là… il est préférable, si c’est possible bien-sûr, de le garder à la maison. 

Je compte : 1,2… mais j’ai 3 enfants !!! Je frémis à l’idée que la série se poursuive et mon cœur de maman se tient prêt (ne le sera-t-il jamais) pour le 3ème assaut. Mais non… 

 

 

Publié dans mon quotidien de maman

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