Penser tue

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Penser tue

C’est un travers féminin, parait-il, et je suis plutôt d’accord. Quoi donc ? Mais « penser » voyons ! Enfin, penser tout le temps, à tout et même à n’importe quoi et quand il ne faut pas.

Pourtant, sans pensée, nous ne sommes pas (c’est pas moi qui dis, c’est René) mais certains (des hommes ?) pensent au contraire que « penser tue ». Si si, je l’ai vu sous le pont Chaban-Delmas. Mais n’est-ce pas paradoxal que de « penser » que « penser » tue ? (Un petit dolicrâne et vous pouvez reprendre la lecture). Serait-ce un suicidaire qui a fixé cette inscription ou un héros ? un martyre ? qui, pour prévenir le monde, s’est sacrifié en pensant et, dans un dernier effort, a voulu dénoncer : « Penser m’a tuer »… ?

Bref, comme d’hab (tchac, les bras à gauche et la tête enfoncée dans le coude, je gère), je m’égare. En fait, je voulais révéler la faiblesse de la femme, prisonnière de son cerveau hyperactif, qui pense encore et toujours. Et qui, par association d’idées, revient inexorablement sur sa préoccupation du moment (négative, sinon ce n’est pas drôle) ou tout au moins sur tout un tas de tracas quotidiens qui ne nous laissent AUCUN répit.

Il se pourrait ainsi, messieurs, que votre dame, même au lit entre vos bras fermes et tendres (souples et solides à la fois à la Beauregard), se fassent envahir de pensées. D’abord inoffensives. Puis plus pressantes, plus précises, incisives. Jusqu’à ce qu’elles sabotent le moment. Et la bataille engagée est presque impossible à gagner. Penser tue parfois l’instant.

Je vous donne un exemple. Dame Oiselle est dans vos bras. Elle est lovée contre vous et vous imaginez déjà la suite. Mais elle n’a pas pu éteindre son cerveau (y arrive-t-elle jamais ?) et une toute petite pensée gentille se fraye un passage. Oiselle vient de penser qu’elle se sent bien à ce moment précis, au chaud, au calme. Mais du coup, elle se dit qu’il faut qu’elle lave les draps. Ce qui lui fait penser à la machine à laver, plutôt bruyante quand l’eau s’écoule dans les tuyaux. Et là, c’est le drame (une pensée à toi Franck). Tuyaux… évacuations… WC. En soi, c’est déjà pas glamour mais quand, en plus, le souvenir des toilettes bouchées et la corvée qui attend le couple le lendemain s’impose, ben on peut dire que « penser tue », ça tue l’amour.

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