Cimetière de chaussettes

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Le quotidien est fait de sujets plus ou moins légers, en voici un qui vous rappellera certainement des moments vécus.

J’ai une panière qui, depuis quelques semaines (quelques mois en fait. J’ai honte…) hébergent les abandonnés du linge, les laissés pour compte. Oui, les fameuses chaussettes seules et uniques qui ont pourtant commencé leur vie en couple et qui, c’est dans l’air du temps, se sont fait lamentablement larguées. Pourquoi ? Comment ?

Il existe mille théories plus fantaisistes les unes que les autres pour expliquer ce phénomène. Les plus classiques accusent le lave-linge. Innocente machine qui obéit simplement à l’électricité et au doigt. Elle les avalerait, les digérerait et puis quoi ? On les retrouverait décomposées dans le ventre de la bête ? Je ne suis pas allée vérifier.

Une explication probable serait qu’elles sont séparées au moment d’être lavées. C’est hyper possible chez moi parce que j’ai eu zéro pointé en lessive : j’attrape tout, en vrac, et j’enfourne tout. Alors oui, peut-être qu’elles tournent séparément dans le tambour mais 1 ou 2 lessives plus tard, ne devrait-on pas voir réapparaitre la copine ? Souvent oui, quand même (ouf) et parfois non, jamais. La petite socquette à pois colorés attend désespérément et vainement sa promise.

Pour ma part, je pense qu’une partie de ce mystère se trouve dans les recoins des chambres d’enfants. Il n’y a qu’à se décider à faire de la spéléologie de temps en temps pour en découvrir au détour d’une boîte de jeux, dans un tiroir, sous le bureau… Ils affirment le contraire : « mais non maman, j’ai aucune chaussette seule dans ma chambre !! » mais je ne suis pas dupe ! Pas dupe mais franchement pas assez courageuse pour y aller régulièrement. Ça m’agace de trop.

Admettons, c’est la faute des enfants (et c’est d’ailleurs pour ça que je vous conseille de faire des enfants, on peut les accuser de tout sans vergogne puisque, de toute façon, ils sont souvent coupables 😊). Mais quand chéri, à qui j’ai acheté un semi-remorque de chaussettes récemment, te dis, des trémolos dans la voix et des larmes menaçantes au coin de l’œil : « je comprends pas, j’ai plus de chaussettes dans mon tiroir !!!!! », alors là ! Alors là ???  Alors là, je reste sans voix. Je tente un : « t’as regardé dans la panière de linge propre (que-je-n’ai-pas-encore-plié-oui-mais-après-tout-pourquoi-ce-serait-à-moi-de-le-faire ???) ? » Ben oui, il a regardé. Etrange…

Peut-être existe-t-il toute une communauté d’amateurs de chaussettes qui sillonnent les villes, pénètrent les habitations et s’emparent d’une chaussette. Pourquoi une seule ? Voyons… Une idée ? Je sèche.

Peut-être les chaussettes ont-elles une existence magique et quand elles se fâchent, l’une d’elle, la plus aventurière, s’enfuit vers le pays fantastique des joyeuses chaussettes pour y mener une vie sans contrainte, sans partenaire et sans pied ?

Nous n’aurons certainement jamais la réponse et nous continuerons à nous lamenter devant ce tas de chaussettes esseulées. Et puisque nous n’y pouvons rien, j’ai trouvé une façon de surmonter ce traumatisme : les utiliser. Bon, vous pouvez enfiler des chaussettes dépareillées si ça vous chante. Moi je pensais plutôt à s’en servir pour nettoyer les meubles ou comme chouchou ou comme support pour votre téléphone portable pendant votre footing… Ok, je n’ai aucun mérite, j’ai vu ça sur la toile. N’empêche, c’est une bonne façon de gérer le problème, non ?

Cimetière de chaussettes

Publié dans mon quotidien de maman

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