Mon premier accouchement: acte 2

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Allongée sur le joli lit, à moitié (aux 9/10èmes) nue et à la merci des gens en blouse, je subis. C’est bientôt l’heure et je n’ai plus le choix. On me sangle au monitoring, on évalue le diamètre (hmmmm, 3 doigts) et on prépare le matériel. Quand le travail est assez avancé, mon obstétricien est prévenu. Je fais la connaissance du gracieux anesthésiste qui aurait préféré être ailleurs en ce dimanche soir (oui ben moi aussi !!!) et qui me demande, avec toute la douceur du monde (ironie), de faire le dos rond. Il semble mécontent de ma souplesse. N’a-t-il pas oublié que j’ai un ventre énorme et qu’il n’est pas facile de me plier à sa volonté ??

A la deuxième pénétration de L’aiguille dans ma colonne (oh le souvenir détestable), la péri est enfin posée, je souffle mais de soulagement. Les douleurs s’estompent rapidement et je commence à penser que ça va être un moment sympa. Erreur.

Il est l’heure de sortir l’enfant. On me demande de pousser, je m’exécute. Apparemment pas assez. Je donne pourtant tout et même un peu plus. Je m’épuise. Chéri est à mes côtés. Le médecin lui a demandé de rester près de ma tête mais lui, il aurait bien aimé aller voir. Pour m’aider (sadisme oui !!!), une femme est montée sur le lit et a appuyé de toutes ses forces sur mon ventre vers le bas. Et si vous ne le saviez pas, je vous informe que la péridurale n’agit pas sur le haut du ventre. Ouille. Mais malgré nos efforts réunis, ma poupée n’avance plus.

Tout à coup, on sent l’agitation gagner le personnel. Ils restent stoïques mais l’ambiance a changé. La sage-femme prépare des ustensiles de torture. L’obstétricien met la main (le bras !!!!) dans mon corps pour repérer la tête de la puce et essayer de la tirer. Elle ne vient pas. Il s’empare des forceps et tire encore. Les enlève, essaye à la main et les remets pour tirer encore plus fort.

Après une tension palpable mais maîtrisée et un professionnalisme à toute épreuve, numéro 1 sort enfin la tête. Chéri n’a rien raté du spectacle qui se reflétait dans la couveuse : il y a des choses qu’il vaut mieux apprendre plus tard… On me pose la petite sur le ventre. Nous la regardons avec l’Amour, le vrai, le seul qui ne se défera jamais. On la trouve même belle ! (Vous auriez vu la tête du papa à la naissance…) Même si, très vite (dans l’heure qui suit), on admet que, en fait…. bon, bof bof, il y a des bébés plus beaux.

Tu penses que c’est terminé ? Eh non. L’enfant sorti, il faut encore se débarrasser de son petit bazar. Et si le placenta ne vient pas à toi, tu iras le chercher toi-même (enfin le médecin, pas moi). Et c’est ce qu’il a fait le coquin ! Sauf que… sauf que la péridurale, dosée pour un certain temps, ne faisait plus son petit effet. Et je vous assure que ça fait très très mal !!!!

Quelques points de couture (6 et il parait qu’il a fait du beau boulot) et je peux enfin le dire : j’ai accouché !!! Ma petite se repose en couveuse. Et moi je profite de la trêve. De courte durée.

Oui mesdames, après l’accouchement, tu ne te lèves pas pour danser le boogie woogie de la victoire. D’abord, j’étais bien trop épuisée pour esquisser le moindre mouvement vertical. Ensuite, c’était un peu le chantier. Vous pensez bien que les recherches du médecin et son point de croix ont fait quelques dégâts. Et vive la petite bouée qui te permet de t’assoir sans dignité pendant les heures et même les jours qui suivent !

Je vous passe les tranchées et la première visite aux toilettes, accompagnée et les fesses à l’air. Mais à part ça, l’accouchement est un régal qu’il ne faut surtout pas appréhender. Mon secret ? N’y pensez pas avant. Surtout pas. Oubliez ce que vous venez de lire (sauf si, comme moi, la prochaine aventure gynécologique est la ménopause). Pour la survie de l’espèce, regardez devant vous, les yeux dans le vague, laissez votre esprit s’envoler et oubliez.

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