Oui, mon enfant, c'est par amour que je dis non

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Non non non noooon !!!! Je ne veux pas renoncer !   Non non non noooon !!! Je n’peux pas abandonner !

Et pourtant… Pourtant il serait si doux et si simple de juste dire oui.

  • Oui, si tu veux, tu peux regarder la télé ou jouer à la console ou te perdre dans ton téléphone. Parce que tu es plus calme, que tu me sollicites moins quand tu es sur écran. Parce que c’est ce que tu veux et te dire oui m’évitera des discussions, des explications, des négociations. Oui et puis c’est tout. Et j’aurais gagné du répit.

Oui tu seras plus calme sur le moment mais tellement plus irritable ensuite ! Et ce seront encore des instants passifs, sans réflexion, sans interaction, sans imagination où ton cerveau se ratatinera au lieu de se développer. De temps en temps pourtant, je ne lutterai pas. Mais au quotidien, je garderai le cap. Parce que je t’aime.

  • Oui, tu peux te servir en bonbons et manger plus de biscuits au chocolat. Oui tu peux ne pas manger de légumes et choisir une glace plutôt qu’un fruit. Parce que ça évitera la bagarre. Que je ne serai pas forcée de te forcer et d’insister pendant que tu fais la grimace et ta mauvaise tête. Parce que le repas se passera plus sereinement, avec des sourires.

Mais ce que l’on aura gagné en sérénité sur le moment, tu l’auras perdu en santé et en bonnes habitudes. Surtout si je dis oui souvent. Ou à chaque fois. Bien-sûr je lâcherai parfois, de guerre lasse ou pour te faire plaisir. Mais je tiendrai bon en général. Parce que je t’aime.

  • Oui tu peux sortir jouer avec le voisin ou retrouver tes copains. Même si ta chambre est en désordre ou que tu n’as pas terminé tes devoirs. Même si je ne connais pas tes fréquentations. Même si je t’avais puni hier. Parce que tu seras content et fier et que tu ne m’en voudras ainsi pas de te retenir.

Mais le plaisir que tu auras pris ne t’empêchera pas de recommencer la bêtise pour laquelle je t’avais puni. Et tu n’auras pas appris à assumer ou à accepter que l’amusement vient parfois après les obligations. Evidemment, il m’arrivera de t’autoriser un loisir même quand, selon mes principes d’éducation, tu ne l’auras pas mérité. Mais la plupart du temps, je m’accrocherai à ces principes. Parce que, oui, je t’aime.

 

C’est tellement plus facile de dire oui. Sur le moment. Mais dire non, parfois sans raison apparente, juste pour t’habituer à l’entendre et à l’accepter, cela t’apprend à apprécier davantage le oui que je prononce alors avec soulagement et plaisir.

Quand tu as compris, appris, accepté le non et son pourquoi, je peux enfin te dire oui. Oui, tu peux parce que tu sais que ce n’est pas un dû. Oui je t’autorise parce que tu apprécieras mais que tu accepteras le non qui viendra ensuite.

Et oui je t’aime. Plus que tout. Plus que moi. Et si le non te coûte, sache qu’il me coûte plus encore à moi. Le non est dur, fatiguant, épuisant même mais il est indispensable. Il fait partie intégrante de l’éducation et il m’aide à faire de toi un enfant équilibré et bien intégré pour que tu deviennes un adulte capable à son tour de dire non à ceux qu’il aimera le plus au monde.

Dire oui à tout, c’est renoncer, abandonner et malgré les difficultés, je ne peux pas abandonner, T’abandonner. Alors je continuerai à te dire non. Parce que je t’aime.

Oui, mon enfant, c'est par amour que je dis non
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