Histoire du soir, désespoir

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Tu la connais cette histoire, tu la vie presque tous les soirs.

Elle te démange et te dérange.

Tu n’en peux plus, t’es abattu…

Tu la connais la musique, celle de ce satané moustique !!!!

 

Ce n’est pourtant pas une pseudo-poésie qui va attendrir l’insecte infecte. Lui, il a profité de ta faiblesse, ta fâcheuse tendance à procrastiner : « Oui, je jetterai ce vieux pot plus tard… » Mais dans ce vieux pot, la pluie a tambouriné, s’est installée, et est devenue nid douillet. Ils ont proliféré et, pendant que l’été prenait des vacances ailleurs, ils se sont organisés. Ils ont dû créer des milices qu’ils ont entrainé durement. « Eh les minettes (eh oui, je vous rappelle que ce sont les dames qui prélèvent), vous remontez vos jupettes, vous sortez les mitraillettes et vous vous tenez prêtes. Dès que le beau temps arrive et que ces couillons d’humains mangent dehors, vous déployez les escadrons et vous les pulvérisez, non de non !!! »

Bon, ils ne sont peut-être pas aussi malins et organisés. N’empêche, Monsieur Moustique et sa clique ne font pas dans la dentelle ! Tels des supporters de foot en manque de bière (oh le cliché !!!) depuis plusieurs matchs, ils se ruent sur le moindre bout de peau, assoiffés, déshydratés. Et ils attaquent à plusieurs, te transperçant l’épaule alors que tu te grattes le mollet.

Il y a ceux qui s’approchent sournoisement, sans un bruit. A croire qu’ils ont customisé leurs ailes en y installant des silencieux. Le mosquito-tunning. C’est quoi la prochaine évolution ? Une armure ?

Et il y a ceux, tout au contraire, qui joue sur le mental. Ils font vrombir leurs ailes sous ton nez. Ils passent et repassent près de ton oreille. S’approchent, s’éloignent. Ils veulent que tu saches : « je suis là, je suis là, je vais te piquer, bzzzzzzzzz ». Ceux-là œuvrent de préférence dans la chambre… quand tu es couché, près à t’abandonner… Tu balances alors un bras avec sauvagerie (au risque de réveiller ta tendinite. Si, si. Déjà fait) en espérant l’assommer ? Mais il revient et monte le son. Tu te caches sous ton drap, malgré les 28 degrés, en supposant qu’il ne te verra plus et partira torturer un autre innocent ?

Ton vœu : t’endormir au plus vite et ne plus supporter les taquineries de l’insecte cruel. Tu comptes sur la prise anti-bourreau pour faire le travail que tu refuses d’accomplir : chasser et tuer. Mais il repart à l’assaut, te nargue. Je crois même l’avoir vu coller ses petites pattes sur ses tempes et tirer la langue. L’insolent ! Alors, après 2 ou 3 mouvements irrités et un oreiller jeté au hasard, tu allumes la lumière. Tu cherches du regard, tu tends l’oreille quand enfin tu l’aperçois. Il est au plafond. Il doit t’observer aussi. Il attend. Duel. Tu esquisses un geste vers lui. Il reprend son envol, comme un fou. Il ne s’arrête plus. Tu lui jettes ce que tu trouves : un chausson ! Bonne idée. Tu ne le vois plus. Tu éteins, soulagé.

Mais tu la connais l’histoire !! Tu ne l’as pas eu, évidemment ! Il était juste parti dans la pièce à côté se taper un fou rire. Une fois calmé, il revient, plus sûr de lui que jamais. Il vrombit à ton oreille. Tu le sens presque. Et la mascarade se répète. Mais cette fois, tu décides d’aller plus loin. Ben oui, zut ! Demain faut se lever !!! Alors t’aimerais bien dormir !!! Donc tu rallumes, tu te dresses sur tes genoux, chausson en main (normalement, si tu as bien suivi, il t’en reste un) et tu guettes, la truffe au vent. Ça y est ! Tu le repères. Tel un bon chasseur sachant chasser avec son chausson, tu attends le bon moment. Il ne bouge plus. Il ne se méfie plus. Il se croit fort, il pense qu’il t’a eu à l’usure. Mais tu n’es pas encore à terre. Tu ajustes, tu calcules l’angle en tenant compte du moelleux de ton matelas, tu te lèves tout doucement, pas complètement et… Bam !!!!!! Tu te redresses d’un coup, tu balances la pantoufle dans la tête de cet enfoiré de m*** (oups) et quand tu le vois chuter (ça c’est si t’es un bon chasseur, tu vois), tu jubiles. Dans ta face !!!!!!

Oui, tu connais l’histoire. Mais c’est pas ta préférée.

Bonne nuit !!!!!

Publié dans billets d'humeour

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