Culpabilité, quand tu nous tiens

Publié le par Raphaëlle Hosteins

J’avais déjà évoqué le sujet dans CET article. La culpabilité est grande quand il s’agit de lever la main sur ses enfants mais elle est partout, dans les choses les plus anodines aussi.

Innée, ou induite par la société, je ne sais pas. Dans tous les cas, elle est là, jamais loin, comme une verrue, un truc moche et pas utile, voire totalement nocif, mais toujours sur toi, en toi.


J’imagine que tout le monde culpabilise mais je suis à peu près certaine que ce sont surtout les femmes qui en sont victimes.
Tu culpabilises de tout et quand tu deviens maman, c’est encore pire.


Déjà pendant la grossesse, tu culpabilises d’avoir bu un verre d’alcool, ou d’avoir mangé un des milliers de trucs interdits (et trop bons évidemment).
Tu culpabilises de prendre trop de poids ou pas assez.
Tu te sens péteuse parce que tu es fatiguée alors que tout le monde t’assure : non mais je te jure t’as super bonne mine !
Tout est susceptible d’être une honte : la valise n’est pas prête, t’as pas lavé les pyjamas neuf, t’as pas fait le tri dans les vêtements qu’on t’a donnés alors que tu es en congé maternité (et que franchement t’as que ça à foutre, fainéante).


Tu peux aussi culpabiliser pendant l’accouchement : tu ne fais pas le dos assez rond au goût de l’anesthésiste, tu te plains alors que tu es censée vivre le plus beau moment de ta vie, ou encore tu ne pousses pas assez fort ou pas au bon moment.


Il va sans dire que lorsque tu deviens maman, que ton petit trésor est enfin né, tu as toutes les raisons du monde de devenir Miss culpabilité.
Pour ma part, je revendique mon côté maman indigne. Ce qui pourrait vous donner à penser que je m’en fous, que j’assume et que donc je ne culpabilise pas ! Et ben non, pas du tout. C’est tout le contraire. Ou presque.


Oui je culpabilise, j’ai culpabilisé, et je culpabiliserai encore : parce que je n’ai pas fait ci, je n’ai pas fait ça, j’ai fait ci et cela. Bref pour tout et pour rien.
Vous voulez des exemples ? Je vous en donne quand même.


J’ai culpabilisé de donner la sucette à ma grande quand elle était bébé. J’ai culpabilisé de ne pas réussir à l’allaiter. Je culpabilise de m’énerver après eux.
Je m’en suis voulu de ne pas avoir vu plus tôt le torticolis de numéro un, de ne pas accompagner numéro 2 à sa sortie scolaire ou de manquer la démonstration de cheerleading de numéro 3…
Je pourrais évidemment étirer la liste à l’infini mais je vais vous épargner.


Il y a aussi la culpabilité plus personnelle : je culpabilise de ne pas prendre assez soin de moi, de manger du chocolat, de ne pas appeler assez souvent mes parents...


Aujourd’hui, Le sujet de cet article n’est pas un hasard. En fait, alors que je végétais devant la télé, j’ai culpabilisé. Je me suis dit que je n’avais pas mis à profit le temps que j’avais devant moi.
Comme beaucoup mamans, Je profite de tous les instants pour m’avancer. Par exemple, je m’occupe du linge tout en préparant le repas. Je passe des coups de téléphone quand je conduis (avec le Bluetooth évidemment, sécurité routière avant tout !).


Mais ce soir, après ma journée de travail, le kiné, un peu de linge et être allée chercher numéro un au judo, je n’ai rien fait. Sur un petit créneau certes, mais la culpabilité s’est quand même installée dans le lit tout près de moi. Elle m’a murmuré à l’oreille des méchancetés et j’ai eu envie de lui faire passer ce message : j’en ai marre de toi ! Tu es toujours là et tu me pèses. J’aimerais parfois que tu ailles voir ailleurs et que tu me laisses glander en paix.
Non mais c’est vrai quoi, je ne suis qu’humaine!


En me relisant, je me dis que je suis peut-être en train de faire ma propre thérapie. Parce que non, je n’ai pas rien fait ce soir, je fais d’ailleurs presque toujours quelque chose. Il faut juste que j’apprenne à être moins exigeante avec moi-même, non ?

Et puis, a contrario, je me rends compte que la culpabilité est un moteur qui me pousse à faire, même quand je n’en ai pas envie ou pas franchement le courage.

Encore une contradiction toute féminine ça ! Je pense qu'on va poursuivre le chemin ensemble, elle et moi...

 

Publié dans billets d'humeour

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