Fermeture définitive

Publié le par Raphaëlle Hosteins

C’est l’heure ! On ferme ! On ferme quoi ? Ben l’usine pardi ! L’usine à bébé !

Oui mesdames (messieurs ?), je me lance dans la folle aventure de la ligature. Encore un sujet pas glamour, comme tant d’autres au pays joli des mamans : les vergetures, l’expulsion, la rééducation périnéale, l’allaitement (non mais oui, c’est beau, mais vécu de l’intérieur… c’est un peu moins lisse, moins youpi-tralala-youpi), les kilos…

Presque tout ça est derrière moi, à part les kilos (enfin si, il y en a aussi derrière et partout). Et voilà un moment que j’y pensais. En approchant des 40 (ans, pas rugissants), et en regardant avec attendrissement ( !?) mes 3 numéros, je me disais qu’il était temps d’arrêter les hormones (et les enfants) et d’envisager une contraception plus radicale.

Bon, l’abstinence, très peu pour moi (et encore moins pour chéri, vous vous en doutez). Et la vasectomie… c’est le genre de gros mots qui donnent des suées à chéri. Et puis c’est un fait, une inégalité persistance dans notre société : la contraception est l’affaire des femmes. Non pas que les hommes se moquent de devenir père et ne se soucient pas, pour cette noble raison, de contraception. Oh non, ils souhaitent même le plus souvent ne pas procréer mais de là à envisager une contraception masculine…

Il est une autre vérité : faire un enfant est plus lourd de conséquences pour une femme. Et puis c’est juste un petit bout de notre charge mentale : penser à ne pas faire d’enfant (pas un de plus !).

Donc, après des années de pilule (ne pas oublier de la prendre, stresser si tu as oublié, et ingurgiter des hormones encore et encore) et de stérilet (non, pas en même temps !), j’ai dit stop. Et je suis allée voir ma gentille gynécologue, toute jeune, qui m’a dit 2/3 horreurs avant de me confier la lettre adressée à l’obstétricienne.

Oui, ma gynéco m’a fait remarquer à plusieurs reprises que, vu mon âge, je devais être moins fertile que les jeunes filles de 20 ans. Soit.

Pire : elle a voulu me préparer à mon entrevue avec l’obstétricienne. Pour cela, elle m’a demandé si j’étais absolument prête à choisir cette contraception définitive (ou presque) parce que, si jamais je perdais un enfant… Vous dire que j’en ai eu les larmes aux yeux serait… une vérité absolue ! Mon cœur a craquelé rien qu’à essayer d’imaginer envisager la possibilité intolérable que…

Ben même si l’insupportable arrivait, je n’envisage pas de faire un nouvel enfant en « remplacement » de l’autre. Ma décision était donc arrêtée.

Et c’est fermement décidée, près d’un an plus tard (oui, ça m’avait un peu secouée j’vous dis), que j’ai pris mon petit rendez-vous avec la clippeuse de trompes.

 

Pas franchement sereine, comme chaque fois que je me lance dans quelque chose de définitif et sans retour, j’ai donc débarqué à… la maternité. Ben oui. Immergée dans un océan de gros bidons. Des femmes heureuses et épanouies, certaines sur le point d’exploser… de bonheur, évidemment. Et moi, tranquille, amusée, le ventre plat (ah ah ah !! Non, j’rigole) et les hormones en sommeil, je me tenais là comme une ado à la peau lisse au milieu d’acnéiques.

Je me dis que c’est une sorte de test. Pendant longtemps, et avant numéro 3, je ressentais un sentiment d’envie mêlée de peine quand je rencontrais des ventres ronds et des bébés joufflus (et vous remarquerez comme le gros, le gras, le volumineux peut être si attrayant parfois). Alors si tu poursuis ta démarche malgré ça, c’est que tu es prête. Je suis donc restée.

 

La clippeuse m’a reçue, m’a présenté son art, a répondu à mes interrogations et nous avons fixé LA date. Et ce qui me paraissait terrible il y a un an et angoissant il y a encore quelques semaines est devenu réel. Je l’accepte donc mieux, la peur m’ayant quittée. Je suis prête malgré cette petite appréhension toujours présente de me lancer dans un aller sans retour.

Et encore une étape de franchie. Non, je ne suis pas vieille, juste de la génération d’avant.

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