Pas peu fière

Publié le par Raphaëlle Hosteins

16 ans et autonome depuis déjà bien longtemps. Enfin pas pour tout heureusement !! Je lui suis encore utile !

Numéro 1 est une enfant que l’on peut qualifier de facile. Bon, elle nous en a fait baver petite, parce qu’il est écrit dans les lois de l’univers qu’être parent rime forcément avec emmerdements, tôt ou tard. Mais c’est une ado cool qui fait sa vie sans nous embêter et on le lui rend bien.

Gentille, drôle, bien entourée, sérieuse (mais pas trop), digne de confiance… Ma grande me rend très fière de la jeune fille qu’elle est. Mais parfois, il y a un petit bonus.

Voilà plusieurs jours qu’elle me parlait vaguement de sa représentation à venir. Une interprétation à peine théâtralisée de rêves de migrants, transcrits dans un livre sobre et efficace : Les rêves d’avant la route de Aurélia Coulaty et Pierre Wetzel.

Elle me disait qu’elle ne souhaitait pas que j’y aille car elle ne se sentait pas à l’aise avec l’exercice. Et moi, j’avais un peu zappé, prise dans le tourbillon de ma trépidante vie de maman surbookée (oui, c’est une excuse très pratique). Puis on en a reparlé et le soir en question était déjà pas mal chargé, je me demandais comment tout concilier. Elle trouvait que ça tombait bien. Tant mieux.

Et moi, j’entendais les mots qu’elle ne disait pas : Maman, j’aimerais tellement que tu viennes ! Alors j’ai fait comme d’habitude : j’ai couru dans tous les sens, jeté la petite au cheerleading et me suis garée en quatrième vitesse devant le lycée (sur une place de bus… croisons les doigts).

Accueillie par mon numéro et ses copines, je me suis installée sans savoir ce que j’allais voir. Et j’ai vu. J’ai vu des adolescents, de noir vêtus, qui racontaient les rêves, heureux ou malheureux, de ces hommes et ces femmes qui ont fui un pays avec pour seul bagage l’espoir. J’ai observé les photographies, écouté les mots, ressenti les émotions. Tant et si bien que les larmes forçaient le passage, tentant de pénétrer mon territoire sans y avoir été invitées. J’étais émue.

Et ma fille, si timide, qui prononçait les mots d’une autre, les faisait vivre devant des parents admiratifs et des frères moqueurs… Mais quelle fierté !

A la fin de la représentation, j’ai tenu à féliciter le professeur à l’initiative, lui disant combien j’avais trouvé l’instant émouvant. J’avouais avoir les larmes aux yeux. Puis ma fille s’est approchée et je n’ai pu, cette fois, empêcher l’émotion de triompher et mon regard s’est embué. Je me suis efforcée de rester digne, par respect pour ma fille qui trouvait ma réaction plutôt amusante d’ailleurs. Et qui, m’a-t-elle assurée, n’éprouverait aucune honte à ce que je pleure bien que ça la fasse sourire, elle !

Finalement, j’ai été ravie d’assister à ce doux spectacle et ma grande a été enchantée que je sois présente. Voilà un moment à nous, un cadeau que l’on s’est fait l’une à l’autre et qui restera certainement gravé dans nos mémoires.

Ah comme il est formidable d’être parent d’ados ! Et si l’adage « Petits enfants, petits problèmes ; grands enfants, grands problèmes » est souvent vrai, je peux vous assurer qu’il en est au moins de même pour la fierté !

 

 

 

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