Lundi-chauffeur

Publié le par Raphaëlle Hosteins

C’était un lundi matin comme les autres. En tout cas, comme les autres lundis matins de cette année.

Numéro 1 est autonome… quand elle va au lycée. Numéro 2 est à l’internat et je n’ai pas à le balader… quand il est au collège. Numéro 3… ben numéro 3 n’a que 8 ans, elle est encore totalement dépendante en terme de transports. Et puis moi, je travaille pas loin mais pas près et il me faut bien la demi-heure au minimum pour atteindre mon cher bureau.

C’est un lundi matin comme les autres : il faut conduire numéro 2 jusqu’à l’arrêt de tram où le bus le récupère. Je lui adresse une dernière parole douce et caressante : « et tu te conduis bien cette semaine !!!! » et il me répond un discours touchant et spontané : « Hmmmmm ».

Il faut déposer numéro 3 à l’école. En tant que mère indigne assumée, je la laisse descendre seule de voiture, ouvrir le portail (qu’elle oublie parfois de refermer… m’en fous, d’autres enfants ou des parents parfaits le feront) et je la regarde marcher nonchalamment jusqu’à la porte de la garderie (grrrrrr, plus vite euh !!!). Je l’accompagnerais volontiers mais je me réfrène : désireuse de la guider vers l’autonomie… et ça me fait surtout gagner un temps fou !!!

Les colis livrés, je peux enfin profiter de la route et de ses plaisirs. 173 feux rouges qui passent forcément au rouge (parce que sinon ce serait des feux verts bordel !!) et si tu es très chanceux, tu peux voir passer le même feu 3 ou 4 fois au rouge avant de pouvoir enfin passer au suivant !

Il y a les cousins des feux aussi : les cédez-le-passage. Alors oui, ils t’indiquent que tu dois céder le passage mais à condition qu’il y ait un véhicule qui soit sur le point de passer, bordel de schkreugnegneu !!! Visiblement, certains conducteurs ont encore les yeux collés à 8 heure du matin.

Le partage : une valeur essentielle. Le partage de la route : une saveur amère. Tu restes au milieu de la file et tu déranges tout le monde. Du coup, tu te décales vers le centre (pour laisser les cyclistes passer à droite) et t’as un cycliste ou un motard des villes qui fait du slalom sur ta gauche. Il râle, tu pries le dieu Carros (serie) d’épargner ton rétro et tu pestes. Dans la mesure où tu ne peux pas satisfaire tout le monde, tu peux choisir de… tous les emmerder et te placer où ça te chante.

Oui, j’adore la circulation au cœur d’une grande ville. C’est apaisant au possible ! Et ça te permet de démarrer ta journée dans les meilleures conditions !

L’avantage à habiter un peu loin de ton lieu de travail, c’est que tu ne rentres pas le midi et que tu peux ainsi passer jusqu’à 10 heures loin de ta voiture. Et c’est donc bien reposée de ta journée que tu reprends le volant, prête à affronter la jungle urbaine et ses féroces animaux.

C’est un lundi comme les autres, le retour est semblable à l’aller avec de la fatigue en plus mais l’immense soulagement de te dire que la journée est presque terminée… ou pas. Ah ben oui, on n’oublie pas que la narratrice est une maman et qu’elle a donc encore quelques plaisirs avant le salvateur coucher. Et encore, cette maman-là a la chance d’avoir une étudiante qui va récupérer son numéro 3 à l’école les lundis et mardis.

Alors quoi ? De quoi se plaint-elle encore ? Mais de ce qu’elle veut d’abord !! C’est son blog et elle vous a prévenus, non ? Donc oui, je me plains encore. Ou plus exactement, je poursuis la narration de mes trépidantes aventures de maman-chauffeur. C’est donc légèrement épuisée (oxymore ?) que j’arrive à la maison pour remercier l’étudiante, la payer et embarquer mes numéros 1 et 3 pour… conduire numéro 1 chez mes beau-frère et belle-sœur. Autant elle va seule au lycée et à pied, autant il faut l’amener chez son cousin. Elle est de babysitting et moi je conduis. Encore.

Bon, tant qu’à reprendre le bolide, je me dis que je vais en profiter pour faire une course au retour. Et hop ! Une fois ma grande jetée devant la maison de son oncle et sa tante, je repars vers le magasin de merdouilles pour trouver un petit cadeau à mon collègue. Et c’est une fois garée devant que je réalise : j’ai laissé mon sac à main à la maison !!!! Le dernier grrrrrr de la journée. Du moins sur la route parce que, évidemment, j’ai un peu grogné à la maison aussi. Non mais !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article