Running mère-fille

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Un matin d’été. Les 2 derniers numéros sont en colo et il ne me reste à la maison que numéro 1. Traduction : zéro contrainte, liberté presque totale. Et qu’en fais-je ? Ben je me propose d’aller courir de bonne heure avant de me rendre au travail.

Je l’ai déjà fait l’été passé et quel plaisir de fouler les sentiers à la fraiche alors que le soleil encore timide se lève, les yeux endormis (ah non, ça c’est moi). Je l’ai fait mais il faut que j’avoue, je n’étais pas des plus tranquilles. Le parc, à 7 heures du matin, est peu fréquenté. Ce qui signifie, dans mon esprit de maman-torturée-qui-pense-toujours-au-pire, que si je crie, il n’y aura pas grand monde pour me venir en aide. Ma super idée était de prévenir chéri de mon départ et de mon arrivée et de lui demander de s’inquiéter gravement s’il n’avait pas de nouvelles au bout d’une heure (la prétentieuse ! elle ne court pas tant si tôt…). Non mais c’est une bonne idée hein ! Mais le temps que chéri s’inquiète et qu’il appelle des secours, ben… (je vous laisse terminer la phrase).

Cette fois, je me dis que courir ferait le plus grand bien à numéro 1. C’est vrai. Et je lui propose donc de m’accompagner. Oh mais sa tête !! Elle devait se dire : « me lever aux aurores pendant mes vacances et courir en plus !! Non mais elle a perdu la tête ma mère ? » et au lieu de ça, elle a dit « euh… d’accord ». Et puis, pour finir de la convaincre, je lui ai avoué ma peur de courir seule dans un endroit isolé.

7 heures pétantes : nous voilà donc en forme et au taquet, prête à lever la poussière et avaler les kilomètres. Non, en vrai, nous avions l’une et l’autre des petits yeux ensommeillés et une envie farouche… de retourner au lit. Nous avons cependant enfilé nos chaussures et nous avons quitté la maison.

J’étais en mode « reprise » et elle en mode « bon ben puisqu’il faut ». Nous sommes donc parties à faible allure. Et moi de tourner la tête pour vérifier que tout va bien, qu’elle me suit. Pas de souci, elle a dans sa jeunesse ce que je puise dans ma détermination à ne pas trop m’empâter et me suit donc sans ciller. Et nous croisons quelques rares joggers et marcheurs que j’examine, suspicieuse, en me demandant si leurs intentions ne sont que sportives. Et celui-là il a l’air en forme, il nous rattraperait en un rien de temps. Et celui-ci semble un peu louche avec ses bâtons de marche. Il a un air pas net. 

 

Puis, pour ne pas épuiser la bonne volonté de ma grande, je lui propose de ne faire un tour supplémentaire que si elle le veut ou de m’attendre là, bien en vue. Elle m’a attendue.

Et j’ai fait mon petit tour, sereinement. Ou pas. Tiens, à nouveau le marcheur aux bâtons. Bon, le temps qu’il arrive à ma fille, je serai de retour. Pourvu qu’elle soit restée bien à découvert. Allez, cours encore et tu vas la retrouver. Plus qu’un virage… Ouf, je la vois au loin, saine et sauve. Evidemment.

 

Je la récupère, elle réenclenche la seconde et nous rentrons, à deux, mère et fille. Elle suit toujours. Je tiens bon. Une petite accélération sur la fin histoire de vérifier que j’en ai encore sous le pied. Elle est juste derrière moi.

C’était donc un instant Mi-maman, Mi-moi. Un running pour moi tout en restant mère à chaque seconde. Bon compromis. Chouette moment. A refaire… l’été prochain.

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