C'est pô juste: telle mère, pas tels enfants

Publié le par Raphaëlle Hosteins

On entend et on dit souvent « on a ce qu’on mérite » et « les chiens font pas des chats ».

C’est hautement philosophique mais pas exactement la vérité. D’ailleurs, qu’est-ce que la vérité ? Existe-t-elle ? Ok, j’arrête.

N’empêche que je ne suis pas tout à fait d’accord mais parce que, franchement, au niveau scolaire… mes enfants…

J’étais une enfant studieuse, travailleuse. Certains diront fayote ou intello (ce sont les vilains jaloux ça !). Je dirais plutôt que je n’aimais pas décevoir : les professeurs et surtout mes parents. Du coup, je faisais en sorte de ramener des notes correctes et de ne pas avoir de problèmes.

Je faisais mes devoirs en autonomie. D’abord sous la surveillance de ma maman, dans la cuisine, pendant qu’elle préparait le repas. Puis seule dans ma chambre. Mes parents n’ont pas eu à s’occuper de ma scolarité.

Quand je suis devenue maman à mon tour, je n’ai jamais imaginé qu’il en serait autrement. En fait, si je suis honnête, je n’avais évidemment pas imaginé l’avenir scolaire. Tu te projettes dans un tas de situations mais à quel moment tu imagines comment tes enfants se comporteront à l’école ?

Alors quand numéro 1 est entrée au CP et que j’ai découvert toute la mauvaise volonté qu’elle pouvait mettre à l’heure des devoirs, je suis tombée de haut. J’avais déjà pas mal épuisé ma patience depuis sa naissance et il ne me restait qu’un échantillon. J’ai crisé, grondé ; je me suis fâchée… Facebook est d’ailleurs là pour me le rappeler une fois par an : vous avez un souvenir !

Numéro 1 n’a jamais aimé travailler mais sa crainte de l’adulte et des punitions, voire même juste des réflexions, l’a tout de même poussée à faire quelques efforts (le minimum, faut pas abuser quand même) pour s’en sortir sans représailles. Et elle s’est mise à travailler en autonomie, comprenant l’intérêt de ne pas m’avoir sur son dos.

Et puis numéro 2 s’est montré prometteur en maternelle. Il s’intéressait à tout et commençait à lire par goût, de lui-même. J’ai connu l’espoir. Ah ça ! Numéro 2 m’a fait découvrir l’ascenseur émotionnel ! L’espoir, la consternation, l’espoir, la dépression, l’espoir… Enfin, vous avez compris.

Et il est entré en élémentaire aussi. Et il m’a fait la même… en pire… Non seulement les devoirs et le travail scolaire en général étaient un calvaire (pour lui, pour moi, pour tous les professionnels aussi) mais en plus, il se comportait mal.

Bien qu’il se soit un peu calmé (ouf !!!) et qu’il comprenne l’intérêt de fournir un travail régulier, ça reste très laborieux et il faut être derrière lui. Tout le temps.

Avec numéro 3, forcément, ça allait être différent. Le numéro 3 (le mien en tout cas) est l’enfant qui s’adapte. Elle a toujours été facile, obéissante, souriante, gentille… Une perle ! Et respectueuse. Elle ne remettait pas en question l’autorité des adultes.

Et pourtant… Elle a du mal à supporter les remontrances, ça la peine sincèrement mais cela ne suffit pas à la faire travailler. Elle cherche sans arrêt le moyen d’y passer le moins de temps possible et, naturellement, fournit un travail insuffisant. C’est la galère pour lui faire apprendre des leçons et c’est pas mieux pour les exercices. On a beau lui rappeler qu’un travail bien fait, même s’il a pris un peu plus de temps, est un travail qu’on ne refait pas !

 

Alors oui, c’est pas juste. On n’a pas toujours ce qu’on mérite et on a parfois ce qu’on ne mérite pas (encore que, si ça se trouve je le mérite pour d’autres raisons…). Et les chiens peuvent faire des chats.

Quoi que… Si j’étais une bonne élève, ça n’a pas été le cas de chéri sur toute sa scolarité. Et c’est lui qui mérite tout ça en fait !! Heureusement, dès qu’il est là il prend le relais. Il vérifie les cartables, les agendas et fais faire les devoirs à la marmaille. Je l’en remercie souvent mais après tout, c’est normal, non ?

C'est pô juste: telle mère, pas tels enfants

Publié dans mon quotidien de maman

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