J'ai attrapé la fierté. Je suis perdue...

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Quand tu deviens parent, il t’arrive un truc effroyable, inévitable et incurable. Souvent même, tu l’attrapes avant la naissance de ta progéniture.  On n’en guérit jamais et le mal s’installe et grandit jusqu’à, parfois, t’empêcher de penser normalement. Ton objectivité notamment est touchée mais tu ne t’en rends pas compte. Ou tu le nies.

Cette affection porte un nom tout bête que tu connais bien : la fierté.

On pourrait croire que c’est une bonne chose d’être fière. Et c’est d’ailleurs comme ça que tu le ressens : un sentiment positif qui t’inonde de joie et qui t’oblige à te vanter. Et voilà. Tu as compris. C’est moche de se vanter. Aux yeux des autres en tout cas.

 

Les premières fiertés :

Ton ventre rond, si tu fais partie comme moi de ces femmes qui ont adoré être enceinte, ton ventre est déjà source de fierté. Tu portes la vie, c’est beau.

Sa chambre peut-être que tu as peinte et aménagée toi-même ; ses petits bodys tout mignons ; le prénom que tu lui as choisi ? Tout est susceptible de te rendre fier.

Et puis il nait. Il a souri dès les premières minutes ! Elle a dit « acreu » à 1 mois ! Il ne pleure pas la nuit (mouais, je demande à voir), elle marche à 9 mois et demi…

Plus basique encore : il dort les bras en croix ; elle se tient presque assise ; elle a mangé son premier biscuit toute seule… Chaque non-événement réveille la flemme de la fierté maternelle (parentale, ok). Ton cœur se gonfle (et toi tu gonfles les autres, c’est le cycle de la vie… ??).

L’enfant n’a rien à faire de particulier pour alimenter ta fierté. Il suffit qu’il soit là. Un simple regard posé sur lui et rebelote ! Tu te tiens à la table à langer pour ne pas t’envoler, emportée par ton trop plein d’amour. « C’est moi qui l’ai fait !! » Et tu voudrais prendre à témoin le monde entier, tes collègues, ton voisin, ta cousine, l’oncle de la bru de la dernière femme de ton dentiste !!! Et même son chien si tu n’avais que lui pour t’écouter.

 

Les grandes fiertés :

Tu es fière presque en permanence. Sauf quand tu te fâches tout rouge et que tu hésites entre les vendre au poids ou acheter un billet aller pour Ittoqqortoormiit (remarque que si tu en tires un bon prix, tu peux partir loin…). Mais dans l’ensemble, on peut dire que cette foutue fierté te quitte rarement.

Et parfois, tu as d’excellentes raisons d’être sincèrement fière. D’ailleurs, aujourd’hui (mais tu liras cet article en décalé. Désolée. Je fais ce que je peux. Et puis d’abord j’suis à Angoulême et j’ai pas le wifi et puis flûte euh !! C’est comme ça), j’avais 2 raisons d’être particulièrement fière.

D’abord parce que numéro 2 nous a prouvé ce qu’on savait déjà mais qu’il n’avait pas encore intégré : il peut. Oui, il est capable de tellement de choses ! Après des années de galère à l’école tant au niveau des notes que du comportement, il nous a fait un trimestre impeccable. Il y a eu quelques mots et quelques notes moches. Mais pas de remarques répétées et une belle moyenne au-dessus de 12. Alors je me vante. Ouais, mon fils a assuré et il a mis des paillettes dans ma vie.

Et puis parce que numéro 1, à force de travail et de persévérance, a brillé sur le tatami. Elle a géré son stress admirablement bien, elle a exécuté des enchainements magnifiques et a offert une prestation qui lui a valu d’être admise à ses katas. Premier pas vers la ceinture noire de judo. Et dans les gradins, après la tension, c’est la fierté brute qui m’a envahie et qui s’est échappée à petites gouttes de mes yeux.

 

Et après ?

Après, il y aura d’autres victoires, des réussites, des bonheurs et il y aura les petites choses de la vie qui feront de moi une maman toujours aussi fière. Chaque fois que mes yeux se poseront sur eux et que mes pensées me les dessineront, je ressentirais cette même émotion. Ils rempliront mon cœur de mots qu’il me faudra partager et d’images dont je ferai un album que je feuilletterai les jours de tristesse.

J’ennuierai certainement encore mon entourage en racontant ces fiertés qui le fera à peine sourire, blasé et pas concerné. Et puis, peut-être, j’écouterai celle des autres parents…

J'ai attrapé la fierté. Je suis perdue...
J'ai attrapé la fierté. Je suis perdue...
J'ai attrapé la fierté. Je suis perdue...
J'ai attrapé la fierté. Je suis perdue...

Publié dans billets d'humeour

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