Un vent de changement

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Je suis au chaud, installée comme une reine dans mon bureau (celui que j’ai rêvé pendant 20 ans), une tasse fumante d’herbes infusées entre mes mains… et pendant ce temps, le vent souffle.

Il souffle dehors. Les arbres luttent, les branches plient, les oiseaux se sont tus pour écouter le claquement des volets contre la maison. Et puis le vent retombe. Est-ce que quelque chose a changé dans mon jardin ? Il en reste des stigmates même si l’essentiel est intact.

Le vent souffle aussi dans ma vie. Un petit vent encore léger mais persistant. Il caresse mes espoirs et secouent quelques convictions. Il m’interroge. Il ne ressemble en rien à une tornade qui viendrait balayer tout ce qui est en place mais il s’insinue dans la moindre de mes failles.

 

Parce que j’en suis à la quarantaine grandissante ? Les questionnements sur le sens de ta vie, les rêves que tu as faits et les doutes qui t’on accompagnée tout au long du chemin ont semé des graines qui commencent à germer. J’ai vécu l’essentiel de ma vie en termes de durée et de changements. L’enfance, l’adolescence, la vie active, le mariage, la maternité… Tous ces bouleversements sont derrière. Que reste-t-il devant ?

Parce que je touche du doigt un de mes (mon ?) rêves ? J’ai toujours écrit : des poèmes, des contes, des témoignages… J’ai toujours ressenti un immense plaisir à poser les mots : les faire glisser sur le papier ou les voir naître sur l’écran. Être reconnue par un professionnel est un aboutissement auquel je n’osais croire. Et pourtant…

Parce que je suis instable ? Toute ma vie a été parsemée de changements plus ou moins importants : des déménagements avec mes parents et avec chéri ; l’abandon de tout pour rejoindre celui-ci ; une vie professionnelle en 2 temps et interrompue par des grossesses, des temps partiels, 1 année de disponibilité ; une parenthèse en Guadeloupe durant laquelle j’ai couvé mon livre et un retour au cours duquel j’en ai accouché. J’ai besoin de changements, de projets, d’incertitudes et de rêves, encore.

 

En tout cas, je l’entends, je le sens. Le vent se lève et il me murmure des mots que je ne comprends pas encore.

J’imagine qu’il m’invite à faire des choix plus en adéquation avec ce que je suis et ce que je désire.

Travailler moins pour écrire plus ? Depuis que je suis en contact avec une maison d’édition, mon cerveau s’est mis en branle. J’ai plein d’idées que je ne trouve pas le temps de formaliser.

Evoluer professionnellement, repasser un concours pour atteindre d’autres objectifs ? Pour m’éclater au travail ? Parce que j’aime évoluer et grandir dans un monde stimulant.

 

Je n’arrive pas à me faire à l’idée de renoncer à l’écriture. Et le temps que je lui accorde aujourd’hui n’est pas suffisant.

Mais je ne me résous pas non plus à prendre le risque de ne plus travailler. Et si chéri me quitte ? Car aujourd’hui, et pour la première fois de ma vie, je me projette à l’âge de la retraite. Je dois être pragmatique, assurer mon avenir (ma vieillesse).

 

Finalement, je suis toujours dans l’impasse. Et selon que le vent me poussera vers le mur, au-dessus ou vers la sortie, je prendrai peut-être des décisions. Aujourd’hui, j’ai trouvé un compromis qui me fera patienter. Réduire mon temps de travail à 90% et, en continuant de faire plus d’heures chaque jour au bureau, récupérer une demi-journée par semaine. Résultat : 1 jour par semaine à la maison. 1 jour que je compte bien consacrer en grande partie à l’écriture au lieu de, comme souvent, m’éparpiller en diverses corvées (courses, linge, rendez-vous…).

Le vent retombe. Mais je sais qu’il ne tardera pas à souffler à nouveau.

Un vent de changement
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