Coronavirus et charge mentale

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Je ne pouvais pas passer à côté du sujet du moment et j’en ai évidemment à dire dessus. Comme chacun, comme chacune surtout. Oui, voilà une maladie qui touche particulièrement les femmes. Je m’explique…

 

Les premiers temps

L’information nous arrivait de loin. Comme nous avions connu Ebola, le chikungunya ou le H1N1, le Covid-19 avait pris racine à l’autre bout de la terre, bien trop loin pour qu’on se sente concerné.

Quand il s’est rapproché et que les médias ont relayé encore et encore l’information, on a commencé à se poser des questions sans s’inquiéter outre mesure. Pourquoi l’aurions-nous fait ? Il ne s’agissait que d’une grippe un peu prétentieuse qui prolifère trop vite.

Notre première action aura été de nous demander les uns les autres : « Tu fais toujours la bise ? ». Il y avait ceux qui disaient que oui, évidemment ! Ceux qui préféraient déjà jouer la prudence. Et ceux qui avaient déjà constitué un stock de papier toilette dans leur cellier (allez savoir pourquoi, toutes les angoisses se sont focalisées sur le PQ).

 

Puis l’étau s’est resserré…

De spectateurs, nous sommes devenus figurants. Les pays les plus proches de nous, en termes de distance et de mode de vie, se sont repliés sur eux-mêmes, comptant les infectés et les morts avec fébrilité.

L’inquiétude a commencé à gagner une plus large partie de la population. Et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’interroger : Suis-je inquiète ? Suis-je concernée ? Que dois-je en penser ?

J’étais très partagée entre la prudence et l’indifférence. Je ne suis pas inquiète à titre personnel par le virus en lui-même. Ce qui m’angoisse davantage, ce sont les réactions des gens d’une part et les difficultés que nous risquons de rencontrer quant à l’organisation de la vie et notamment par rapport aux services de santé s’ils se voient dépassés.

J’étais encore sur ces interrogations lorsque le président a tranché.

 

…jusqu’à tous nous impacter.

Il n’est plus question de se demander si l’on fait partie des angoissés ou des no-stress puisque nous sommes désormais tous concernés, de près ou de loin. Nous faisons partie du casting à part entière. Nous sommes acteurs.

J’avoue que j’ai été un peu surprise car, même si je savais que la fermeture des établissements pouvait être ordonnée, je n’y croyais pas vraiment. Et puis j’attendais cette possible décision plutôt après le second tour des élections… Mais c’est ainsi. Et il faut s’organiser. Et c’est en ça que l’on peut considérer que ce virus a plus d’impact sur les femmes que sur les hommes.

 

Virus et charge mentale.

Naturellement, dans nos sociétés où la place de la femme a moins évolué que l’idée qu’on s’en fait, la charge de la garde de l’enfant incombe plus souvent à la maman. Parce qu’elle travaille moins, ou qu’elle gagne moins ou parce que c’est comme ça, un point c’est tout.

Dans mon couple, la question ne s’est même pas posée. Je suis fonctionnaire et proche de mon domicile tandis qu’il est dans le privé à un poste élevé et qu’il circule sur tout le territoire français. C’est donc moi qui vais m’organiser pour ne pas laisser nos enfants seuls.

Je vais donc jongler entre le travail et la maison. Et rajouter à ma charge mentale que je trouve déjà parfois lourde à porter. Et ça commence immédiatement !

Dès ce premier samedi, j’établis un emploi du temps, je donne des instructions, je cherche des supports de travail pour mes 3 numéros. Je les réunis pour donner du sens, les intégrer au maximum dans la démarche. Je leur demande leur avis, leur coopération. Bref, une gestion de crise digne d’un chef de service.

Et puis je fais quelques emplettes pour ramener de quoi s’occuper : loisirs créatifs en vue ! Car s’il faut cadrer le travail scolaire, il faut anticiper aussi des moments de pause, de calme, de récréation.

Et je n’ai qu’une journée pour tout ça car je travaille ce dimanche, pour les élections.

Et tout ce que je fais n’est que provisoire car lundi viendront les instructions des différents établissements et tout peut-être sera à revoir. Et l’expérience du premier jour permettra d’ajuster pour la suite.

Il faudra évaluer l’efficacité de notre organisation, se réinventer, remotiver les troupes…

No panic. Une chose après l’autre.

 

 

Cet événement historique a donc un impact indéniable sur chacun et surtout, sur chacune d’entre nous. Nos taches se multiplient. Certaines devront télétravailler tout en s’occupant de leurs enfants. Beaucoup doivent penser aux courses, aux devoirs, aux rendez-vous à annuler sans négliger le moral de la famille.

Oui, le covid-19 est entrée dans nos vies de maman avant même que les symptômes de la maladie ne s’installent.

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