Point C: Jour 1

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Matin

Le réveil sonne. Je sursaute, j’essaye de l’éteindre. Je me bats 20 secondes : le temps que la réalité me rattrape.

Je suis dans un état étrange. Un peu inquiète, très curieuse. Aujourd’hui, nous allons sûrement savoir un tas de choses : les établissements scolaires vont communiquer. L’état aussi très certainement. Je suis presque pressée de me lever. Et ça, c’est déjà une bizarrerie en soi.

 

Mais avant, je saisis mon téléphone et je cherche l’info. A 6h45, il ne doit pas y avoir grand-chose de nouveau.

 

 

Midi

J’ai passé la matinée au bureau. À m’organiser pour pouvoir travailler depuis la maison sans savoir si ce serait possible techniquement.

À attendre les instructions, les ordres, l’invitation à rentrer.

J’ai mal au crâne depuis le lever. Sûrement la fatigue due à ces deux dernières nuits où le sommeil n’était ni bon ni long et à cette journée d’élections commencée à 7h30 et terminée à 0h30.

 

Tout le monde semble attendre, tout le monde en parle, tout le monde, tout le monde. On recense les personnes malades autour de nous en se demandant s’il s’agit du Coronavirus ou d’autres choses.

Le directeur invite un collègue puis une autre à rentrer chez eux, parce qu’ils ont approché un agent détecté porteur du virus.

Ces deux collègues travaillent dans le même bureau que moi. On s’interroge. On regarde les infos.

 

Et puis à force d’attendre dans ce contexte, le stress se mêle à la fatigue et m’envahit. Je suis faible. Je pensais être plus forte. Je ne m’effondre pas, mais je deviens plus molle. Et les larmes se fraient un chemin sans me demander mon avis, ma nuque devient rigide.

La réunion est terminée sans qu’aucune décision définitive n’ai été prise. J’espérais des consignes.

 

Peu importe. Ma chef de service et ma responsable m’invite à rentrer chez moi. À quoi bon rester ? Je ne suis pas utile. Pire je n’aide pas par mon comportement.

Je rentre retrouver mes enfants. J’aurais voulu faire quelques courses mais je ne m’en sens pas capable. Je ne veux pas me retrouver au milieu des gens.

 

Il y a encore du monde sur la route. Pas la grande foule mais ça circule. J’aperçois quelques personnes portant un masque. Les boutiques sont fermées. On pourrait juste croire à un dimanche d’hiver.

 

Je rentre enfin. Soulagée même si j’ai conscience que je voudrai bientôt sortir de la maison. Les enfants sont en plein travail scolaire. Sereins. Ils ont superbement bien géré leur journée.

 

 

Soir

Nous sommes, mes 3 numéros et moi, devant le poste de télévision à écouter le président au moment où chéri rentre. Nous sommes au complet. C’est l’essentiel.

 

Les nouvelles sont floues. On ne comprend pas clairement : on va travailler ou pas ?? On discute. On s’interroge, encore... On espère avoir des instructions plus claires demain. Nous sommes en guerre. Emmanuel Macron l’a dit tant de fois : nous sommes en guerre contre un ennemi invisible.

 

 

 

Publié dans covid-19

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