Point C: Jour 30

Publié le par Raphaëlle Hosteins

30 jours. Vous le savez, je le sais mais le réalise-t-on ?

Voilà 30 jours que je suis à la maison avec les enfants. Avec chéri aussi. Un vrai bouleversement pour notre famille habituée à vivre par petits groupes, en autonomie et avec des rythmes différents.

Dans notre vie de couple, chéri et moi avons connu peu de périodes où nous nous retrouvions chaque soir dans le même lit.

Il y a d’abord eu notre installation. Pendant 18 mois, nous avons appris à vivre ensemble. Ou l’inverse. Nous avons appris que vivre ensemble était difficile et chéri a sauté sur l’occasion de travailler en déplacements. Et pendant 12 ans, nous avons créé nos règles, nos habitudes. Nous nous sommes adaptés.

Puis, il a connu une période de chômage. Durant 8 mois, il a fallu tout réinventer. Il était présent, j’avais enfin de la liberté mais dans des conditions non optimales. Et il a trouvé un travail dans les Antilles. Il est parti 4 mois, seul.

Et nous avons alors vécu près de 8 mois ensemble en Guadeloupe. Encore une période à part : loin de nos familles et nos amis, et moi ne travaillant pas, la vie était de toute façon différente. Une parenthèse.

Cela faisait donc 4 ans que nous avions retrouvé une routine : lui en déplacements et moi avec les enfants. Et 18 mois que numéro 2 est à l’internat. Nous sommes donc entre filles la semaine mais nous nous voyons très peu : le matin avant la garderie (et encore, quand numéro 1 commence tôt sans quoi elle est toujours au lit quand je pars) et le soir après la garderie, soit rarement avant 18h30 et encore, quand il n’y a pas des séances de sport (et cette année, il y en avait les lundis, mardis, mercredis et jeudis… ah ben tous les jours).

Et ce confinement qui nous apporte sur un plateau une nouvelle étape de vie. Non seulement nous dormons tous les 2 dans le même lit tous les soirs mais, cette fois, en plus, nous passons nos journées côte à côte. Jamais loin l’un de l’autre. Nous cohabitons, partageons nos espaces de vie et de travail. Nous devons redoubler d’efforts pour conserver un semblant d’harmonie.

Mais nous survivrons à celle-ci comme nous l’avons fait jusque-là (enfin, j’espère…)

 

Ce mardi 14 avril, je me suis tenté l’aventure des courses. Pour la première fois (sur 3 ou 4), j’ai dû attendre dehors, à la queue leu leu. Bézu n’était pas là pour mettre l’ambiance (référence de femme âgée, sorry) mais il semblait n’y avoir ni stress ni mauvaise humeur. Même quand une femme est passée devant tout le monde parce qu’elle fait partie du personnel soignant. J’ai profité du soleil avant de m’engouffrer dans la grande surface.

Cette fois, parmi les rayons dévalisés, il y avait celui des tondeuses. Celles pour la tête. Je le sais parce que j’avais une mission prioritaire : sauver la tête de numéro 2. Il avait décidé de se faire une coupe et de raser les cheveux du dessous en laissant la longueur dessus. On l’avait prévenu, c’était une mauvaise idée de faire ça seul. Il n’a pas voulu écouter, évidemment.

Quand il a réalisé que c’était raté, il a entrepris de se raser la tête, tout simplement mais avec une certaine rancœur. Et quand la tondeuse a abandonné l’affaire, lui laissant quelques mèches longues ici et là, il a fallu que j’aille en acheter une autre. J’avais très envie de rire mais je me suis retenue. Le pauvre !

Publié dans covid-19

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