Point C: Jours 43 à 46

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Les mots se bousculent et jouent du coude. Ils veulent exister. Ils n’en peuvent plus d’être confinés depuis 4 jours. Ils tournent en rond et me font la tête au carré.

Alors ce matin du jour 47, ce matin du 1er mai, ils envahissent ma tête et ne me laisse pas de répit. Ils savent que je vais avoir du temps. Du temps pour eux.

 

Oui, déjà 4 jours que je n’ai pas écrit. Mais qu’aurais-je eu à vous raconter ? Ma vie. La vie de confinement lorsque le travail prend toute la place. Et puisque mon journal du Covid est né pour que je me souvienne de cette période à part, je vais quand même vous en parler.

Voici donc 4 jours de travail que j’ai passé devant l’ordinateur du matin au soir. Réunions, construction de tableaux, saisie, réunions, manipulations des données, courriels, réunions…

Je devais prendre un jour de congé mardi, je n’ai pas pu. Je devais faire des courses lundi ou mardi, alors mercredi ? Non, pas jeudi, je le savais. Je ferai les courses samedi. Je devais ne pas travailler jeudi après-midi, ou toute autre demi-journée, car je suis payée à 90% depuis la semaine du 16 mars (oui, j’ai très bien choisi mon début de temps partiel) … et j’ai travaillé. Jusqu’à 19h.

Alors non, je ne me plains pas d’avoir beaucoup travaillé cette semaine alors que j’ai connu des jours plus tranquilles. Mais l’intensité et l’intensification à venir du travail, et la concentration sur un temps court me pèsent dans cette situation. J’ai du mal à accepter de ne pas pouvoir tout assumer. Et en l’occurrence, je n’ai absolument pas géré mon rôle de mère pendant ces 4 jours.

Je n’ai vu mes enfants que pour leur dire bonjour, déjeuner et dîner avec eux. Je n’ai pas passé de temps avec eux, je ne les ai pas fait travailler. Je ne me suis pas du tout occupée de numéro 3 et j’ignore ce qu’elle a fait de ses journées. C’est extrêmement frustrant d’être si proche et à la fois si absente.

Et puis, je n’ai pas écrit. Et je n’ai pas non plus renvoyé mon manuscrit qui n’attend pourtant de moi qu’une relecture finale.

J’aime travailler et être occupée. J’aime être utile. Mais sans mes autres rôles, je ne suis pas tout à fait moi. Jamais je n’avais ressenti aussi vrai ce pseudo que je traine depuis quelques années : mi-maman, mi-moi. Comment puis-je être moi si je ne suis qu’une partie de ce qui m’identifie ? J’ai besoin d’être un peu tout. Je ne peux m’épanouir dans un seul rôle.

 

Et puis la météo s’est jouée de nous. Nous avons profité d’un grand soleil et d’une chaleur si douce pendant quelques semaines. Depuis que les enfants sont en vacances, la pluie s’est invitée plus souvent qu’à son tour. Et ces derniers jours, elle est venue accompagnée d’un vent arrogant. Confinés et coincés à la maison sans parent pour orchestrer les journées… qu’ont donc fait mes enfants chéris ? Numéro 3 a quand même enfourché son vélo, bravé les éléments et évité les flaques. Mais les 2 grands… sont restés dans leurs chambres la plupart du temps.

 

Laissons derrière nous ces jours insatisfaisants et faisons des suivants des récits passionnants !

Publié dans covid-19

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