Maman d'ados: seule au monde...

Publié le par Raphaëlle

Vous le savez, j’ai 2 ados à la maison. 15 et 17 ans. Des vrais, des purs, des qui puent un peu (surtout leur chambre) et qui peuvent passer 23 heures par jour dans leur chambre justement (ce qui explique l’odeur, tiens !).

Et j’adore avoir des adolescents. Contre toute attente, j’y trouve mon compte. Je vous l’ai déjà dit d’ailleurs. On peut parler de beaucoup de choses, on rit, on fait des activités de grands. On partage des moments qui nous lient.

Mais être parent d’adolescents, c’est aussi être seul.

 

Seuls two

Car ils aiment faire rien affalés sur leur lit ou envoyer des centaines de messages sur des applications dont je n’arrive pas bien à prononcer le nom. Parfois ils lisent ou ils regardent (à notre insu, je vous jure) des séries de séries sur leurs petits écrans.

Je peux être seule en bas et eux seuls en haut. Chacun dans son espace vital. Parfois j’ai le besoin (ou l’envie) de les appeler pour leur poser une question ou leur demander un service. Ils crient alors un « quoi ?????!! » et j’attends qu’ils se lèvent, ouvrent leur porte et atteignent le couloir pour leur poser ma question. Ils disent « oui » ou « je sais pas » ou « ok… j’y vais » puis ils disparaissent à nouveau.

Heureusement, les repas sont de formidables moments de partage. Et je suis sincère. Nous discutons, nous rions, nous polémiquons. J’essaye d’en savoir un peu plus sur eux, leur vie. Ils répondent souvent. Pas tout le temps. Et quand nous sommes 5, la musique nous accompagne inévitablement (oui, chéri adore avoir un bruit de fond dans la maison. Une angoisse de la solitude peut-être ?). Les enfants réclament un titre, chéri monte (encore plus) le son et la cuisine se transforme en dance floor.

Et d’un coup, ils fondent sur toi, t’embrasse « bonne nuit » et disparaissent.

 

Les apéritifs en famille ou entre amis ressemblent parfois à un tour de magie à la David Copperfield (oui, je suis vieille). Ils sont là, ils participent à la conversation, ils grignotent… et d’un coup, abracadabra, tu tournes la tête et ils ne sont plus là. Disparus. Ne reste que l’empreinte de leur jeune fessier sur le canapé abandonné.

 

Teenlife

Au-delà du quotidien, mes ados me laissent seule pour une autre raison : ils ont une vie. Une vie bien à eux faite de copains, de tacos et de centre commercial. Et en cette période estivale où nulle contrainte (à part tondre ou repasser un peu pour nous soulager. Quand-même) n’assombrit leur horizon (et rappelons que l’un et l’autre avait un examen à passer et que ni l’un ni l’autre n’a eu à le faire), donc en cette période, ils ne demandent qu’à sortir. Comme les chats mais en différent. Il ne suffit pas d’ouvrir la porte et de secouer ensuite le paquet de croquettes pour les faire entrer.

« Maman, je peux rejoindre les copines chez Machin ? », « Maman, je peux aller au restaurant avec Bidule ? »… et la plage ? et le centre commercial ? et dormir là-bas (pas au centre commercial hein !)… ?

Vous l’aurez remarqué, Sherlock, ils me demandent toujours la permission. Et il m’arrive de refuser. Par principe. Pour ne pas les habituer au « oui » ou parce qu’ils l’ont mérité (et toc).

Mais je suis tellement heureuse qu’ils profitent de leur jeunesse !!! Je ne l’ai pas fait, je le regrette, et je mets un point d’honneur à ce qu’ils aient une vie riche socialement et qu’ils savourent leur insouciance.

Le prix à payer est que je me retrouve seule. Ce n’est pas franchement désagréable après 17 ans à tout gérer tout le temps et à jouer à Shiva. Et c’est pour mieux les retrouver dans les moments qui sont à nous. D’avoir chacun sa vie permet d’être épanoui et d’avoir goût à partager. Alors tant pis pour les soirs où j’aimerais de la compagnie. Mieux vaut être une maman seule qu’être accompagnée par des adolescents réfractaires.

 

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