Rentrée and co(vid): où en suis-je?

Publié le par Raphaëlle

Je vous ai fait le topo de la rentrée. Le petit moral, les grandes intentions, les fournitures et les menus… Le retour à une vie de fou…

Mais c’est un retour tout de même bien étrange. Une rentrée différente. Plus encore que d’habitude (car elles sont toutes différentes : tu vieillis, tes enfants grandissent, l’organisation diffère…).

Cette année, nous devons rajouter à nos contraintes et à nos craintes le petit détail Covid. Le petit plus qui (ne) manquait (pas) à ta vie. Qu’est-ce que ça change concrètement ?

 

Avec mon loup, je fais (pas) ce qui me plaît…

L’essentiel, l’indispensable, l’incontournable s’épelle en 6 lettres : Masque. Et même en 7 lettres parce qu’il faut en prévoir plus d’un !!

J’ai préparé une boîte… non, deux boîtes avec des masques propres : une grande boîte pour les grands visages d’adultes et d’ados et une petite boîte pour numéro 3 qui a des masques plus petits. Remarque qu’elle ne sera pas obligée d’en porter étant donné qu’elle est en élémentaire et qu’elle n’a même pas encore 10 ans.

Et j’ai prévu, à côté des boîtes, un filet pour qu’y soient rangés les masques sales. Car il va falloir des rotations de dingue avec au moins 2 ou 3 masques par jour pour mes 2 grands numéros et moi-même.

Mon souci par anticipation, c’est la chasse aux masques « sales ». J’entends déjà les discussions à venir : Mais pourquoi il n’y a presque plus de masques dans la boîte ! Je vous avais dit de mettre les sales dans le filet !!! Et comment on va faire maintenant !!!!!!!!!!!!!! (oui, je sens que ça va mériter au moins autant de point d’exclamations si ce n’est plus).

Et parce que je suis une maman échaudée, une maman tout court d’ailleurs, j’imagine aussi très bien les couacs plus ou moins volontaires, notamment de numéro 2 : « j’avais oublié les masques, ils ne m’ont pas laissé rentrer au lycée, j’ai dû revenir à la maison et c’est pour ça que j’ai raté le cours… » Je suis sûre que tu visualises bien la scène toi aussi.

 

Et quoi d’autre ?

Oui, parce que bon, il ne suffit pas de mettre un masque sur ton visage pour avoir réglé le problème. Même si c’est le must have de l’automne, accompagné de sa petite question « t’as pensé à prendre un masque ? » (ou son pendant, peut-être même plus fréquent encore « merde, j’ai oublié mon masque »), il n’est qu’un accessoire dans la lutte contre le méchant virus.

On sait tous qu’il faut rester éloigné les uns des autres. On profite tous (surtout au travail) de la nouvelle tendance no-bisous (oh putain, le temps qu’on gagne !! entre autres…) mais l’angoisse monte d’un cran quand le virus se rapproche.

Que faire si j’ai été en contact avec quelqu’un qui a été en contact avec un dépisté positif ? Je vous avoue, je suis en plein dedans. Et à ce moment-là, fusent les milliers de questions qui ne se formulaient jusque-là pas vraiment. Dois-je faire un test ? Quand ? Dois-je aller au travail ? Dois-je attendre le résultat des tests de machin et truc ou anticiper et prendre un rendez-vous ? …

Non mais attends !! Envisageons une autre version : et s’il y a un cas à l’école, comment gérer ? Test ? Quand ? Pour qui ? Travail ? Et école pour les autres enfants ? Et si numéro 3 a 38 de température, je reste à la maison avec elle ? Je vois un médecin ou j’attends ?

 

Et le moral dans tout ça ?

Jusqu’à présent, le Covid (oui, je sais, c’est LA Covid) n’était qu’une information. On se frictionnait les mains avec du gel, on portait nos masques… Et puis, il s’est rapproché. Je n’ai pas réellement peur de lui en tant que maladie. Je sais qu’il peut être virulent mais je sais aussi que la plupart du temps, on le surmonte bien. Mais j’ai peur de ce que j’ai décrit avant. Les questions, les doutes, les jours enfermés en se demandant si c’est bien d’être prudent ou si c’est mieux d’aller bosser en respectant plus de distances encore. La culpabilité me guette. Comme toujours et comme pour tout : culpabiliser d’aller travailler et de potentiellement être un danger pour les autres ou culpabiliser de rester à la maison alors que je ne suis sûrement pas contagieuse.

Aujourd’hui donc, comme je vous le laissais entendre plus haut, j’ai été en contact avec des filles qui se sont entrainées avec une autre dépistée positive. Je ne suis pas en lien direct mais je me pose des questions. J’attends le résultat des tests des premières avant d’envisager des décisions mais je subis déjà de plein fouet les mesures de précaution : plus de hand pour moi pendant au moins une semaine, peut-être plus.

Et enfin, porter le masque partout tout le temps, ça me mine. J’ai l’impression de jouer dans un mauvais film où les acteurs sont hésitants. Sans parler de la gêne physique que l’on peut éprouver, c’est inconfortable au regard et encore tellement étrange.

Et puis, cela entraine, des jugements auxquels je ne m’habitue pas. Ça mériterait un article en entier d’ailleurs ! On entend et on lit souvent des personnes fustiger le monde entier et surtout les inconscients qui n’ont pas porté le masque ou qui se sont réunis… Et cela, souvent quand ils ont un proche touché. Evidemment, je ne vais pas féliciter ceux qui ne respectent pas les règles mais je n’ai pas envie d’entrer dans ce système binaire : tu respectes tout, t’es un bon citoyen/ tu ne respectes pas tout, tu es un bon à rien. Qui est irréprochable ? Qui n’a pas failli ? Embrasser quelqu’un que tu apprécies, être plus près que tu ne devrais…oublier ton masque !?

Et malgré toutes les précautions, le virus trouvera sûrement moyen de vivre encore un peu… ou beaucoup. Parce qu’il est insidieux et qu’il s’adapte. Parce que l’homme est faillible, de toute façon.

 

 

Bref, cette rentrée est différente en moins bien. Un peu anxiogène, lourde en termes d’organisation et triste comme le temps de cet après-midi. Pour autant, nous la vivrons, nous l’affronterons et j’espère que la suivante sera meilleure (sauf que ma dernière ira au collège… bouhouhou )

Publié dans billets d'humeour

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