Ligature des trompes: plus d'un an après

Publié le par Raphaëlle

Je vous l’ai déjà écrit au détour d’un sujet ou d’un autre (ici et très précisément), j’ai fermé l’usine. A coup de clips, le chirurgien a baissé le rideau. Stop. C’est fini. Je ne ferai plus d’enfants.

La décision

3 enfants, c’est du travail. Et 3 enfants, c’est juste ce qu’il me fallait. Je les ai voulus à en pleurer (je pleure encore…), je les ai réclamés à chéri, à grands coups de discours enflammés et lyriques. Il a eu peur que l’envie ou le besoin ne me quitte jamais et que je veuille en faire encore et encore. Mais non. Quand j’ai eu numéro 3, je me suis sentie complète.

Tellement complète que je craignais même une grossesse non désirée. Chéri et moi sommes tellement compatibles (en tout cas sur ce sujet…) que j’avais en tête de limiter, voire anéantir les risques.

L’idée a cheminé et passé 40 ans, j’ai pensé que c’était le moment. Bien-sûr, j’ai évoqué avec mon homme la vasectomie parce que, ben il n’y a pas de raison que ce soit toujours à la femme de prendre en main ce sujet !!! Mais non. Il n’était pas prêt. Il avait peur, comme tous les hommes, de l’impact sur sa libido.

 

L’acte

En elle-même, la ligature est rapide et peu contraignante. La celioscopie, elle, provoque des désagréments et quelques douleurs (notamment aux épaules. Bizarre mais vécu) : prévoyez, si vous vous lancez, quelques jours de repos. Ce que je n’ai pas fait. Opérée le jeudi, j’ai repris le travail le mardi. J’ai pris le minimum de jours d’arrêts mais je n’étais pas très à l’aise au bureau.

Un infirmer est venu me retirer les fils : rapide et efficace. Et les cicatrices sont très discrètes : c’est à peine si je les vois aujourd’hui !

 

Les conséquences

Et c’est bien ça ce dont je souhaitais vous parler. Qu’en est-il 16 mois plus tard ?

Les +

Enfonçons des portes ouvertes : la ligature c’est hachement bien parce qu’on n’a plus le souci de la contraception. Par définition. Evidemment. N’empêche que c’est ultra chouette de ne plus se poser de question, de ne plus vérifier, la sueur au front, qu’on n’a pas oublié une pilule. Et un item en moins dans notre charge mentale.

Plus de substances chimiques dans mon corps. J’avais envie de retrouver mon corps, mes sensations, de vrais cycles au lieu de digérer des hormones à longueur de temps. Je pensais que j’avais besoin de me libérer, que ça ne pouvait être que bénéfique. Et de fait, j’ai bien retrouvé mes cycles (ah ben c’est un peu chiant) et surtout, j’ai presque découvert les sensations qui y sont liées. Les seins lourds quelques jours avant, la libido au meilleur de sa forme quelques jours après.

Je ne sais pas si c’est le cas de toutes les femmes mais je vous assure que je sais maintenant reconnaitre où j’en suis. Et 3 ou 4 jours de règles, à intervalle régulier, sont un prix que j’accepte de payer.

Les -

En revanche, j’ai pris davantage de poids en 1 an que ce ne fut le cas en plusieurs années. Coïncidence ou pas, je me suis posé la question mais je n’ai pas la réponse. J’ai parcouru de nombreux forums sur ce sujet. Certaines accusent clairement l’intervention quand d’autres (celles qui n’ont pas pris de poids a priori) t’expliquent juste que tu as une mauvaise hygiène de vie. Alors oui, possible, mais ce n’est pas nouveau. Alors pourquoi ai-je pris plus de poids les mois qui ont suivi ?

Une autre conséquence non vérifiée pourrait être ma fragilité tendineuse. J’ai cumulé les blessures : talon, coude, cuisse (et appris de nouveaux mots : enthésopathie, épicondylite, bursite) sans savoir pourquoi. Le médecin du sport que j’ai consulté pense que la ligature peut être à l’origine de ce genre de lésions. Ainsi, des grandes sportives américaines sont priées de se ménager pendant la période de leurs règles car elles sont alors davantage sujettes aux blessures. Une histoire d’hormones…

 

Mon bilan 

Pour moi, c’est positif. Je suis en train de régler mes problèmes de kilos superflus et puis, je n’ai pas la preuve que la ligature a eu un quelconque impact à ce niveau-là.

Et je règle également mes problèmes de tendinites : du sport pour que les muscles ne laissent pas les tendons faire le travail et de l’eau, beaucoup d’eau.

La tranquillité d’esprit et la sensation de m’être réconciliée avec mon corps valent les quelques désagréments. Je ne regrette absolument pas.

 

Si vous avez des interrogations, n’hésitez pas à laisser un commentaire. Je vous répondrai si possible.

 

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