Enfants/ados et masques

Publié le par Raphaëlle

Nous vivons plus ou moins bien (plus ou moins mal ?) le fait de devoir porter un masque.

Mais qu’en est-il de nos enfants ? Qu’en est-il des miens en tout cas ?

 

Vous le savez (non ? C’est que vous ne me suivez pas assidument…), j’ai 3 enfants de 17, 15 et 10 ans. 2 lycéens et une en CM2. Et depuis le retour en classe, les grands doivent porter un masque à chaque instant. La petite, elle, s’en affuble depuis peu.

 

Il n’est pas question de vous raconter que tout va bien, qu’ils sont heureux ou que ça ne les dérange pas du tout parce que, tout comme nous, ils s’en passeraient bien.

Pour les plus jeunes, l’impact est modéré. Oui, ma petite râle de devoir se masquer mais je l’ai vue super contente de recevoir des masques chirurgicaux adaptés à son encore petit et joli visage. Et à les observer dans la cour, le soir, quand je viens la récupérer, je constate que les enfants restent des enfants. Ils courent, tapent dans le ballon. Ils rient, se poursuivent, se disputent. Ils se racontent des secrets et vivent encore des amourettes. Tu vois, il reste de la place pour les relations platoniques !

Elle souffre du manque d’interactions sociales mais le fait d’aller à l’école chaque jour est déjà une bonne chose puisque c’est là que se construit son monde.

Le masque en lui-même n’est pas une grande contrainte, de mon point de vue. Les enfants s’adaptent mieux que les adultes et leur univers supporte cette intrusion.

 

Les choses sont différentes pour les lycéens (et collégiens). Le port du masque est contraignant, certes, mais au-delà de la gêne ressentie, c’est tout ce qui gravite autour qui est pénible. Ils s’accommodent de ce bout de tissu ou de papier. Ils ne l’oublient presque jamais. Bon, je ne suis pas avec eux H24 pour vérifier qu’ils le portent correctement et qu’ils ne l’enlèvent jamais mais je n’ai, en tout cas, jamais été convoquée par le proviseur. Je suppose donc qu’ils respectent les règles au moins au sein de l’établissement.

Le problème, pour mes ados, est ailleurs. Il réside dans les contacts qui ne se font presque plus. Ils ne voient finalement leurs camarades qu’en classe ou juste avant et après les cours. Et encore ! Une semaine sur deux ! Les relations virtuelles, c’est bien beau mais ça ne remplit pas la vie d’un ado, même d’un ado des années 20.

Depuis maintenant 8 mois, ils ne voient plus leurs copains normalement. Ils ne vivent pas la jeunesse qui nous a été accordées. Ils n’échangent plus de sourires francs ou, du moins, ne sont-ils plus affichés en grand sur leurs visages. Restent les regards. Uniquement les regards. C’est un peu léger quand-même.

Ce qui faisait nos 15 ans n’est plus. Rappelez-vous ! Les sous-entendus, les frôlements, les rendez-vous près du banc ou derrière le lycée. L’adrénaline et les émois. Peut-être existent-ils mais sous contrôle, dans une bulle, dans un mouchoir de poche. Ce mouchoir que j’ai presque envie de sortir pour essuyer les larmes que je verserais sur l’insouciance. Je les plains.

Ils s’en remettront. Mais ce qui est perdu l’est à jamais. On ne leur rendra pas ce bout de jeunesse. Et pour ma grande qui termine son lycée et devrait ensuite se lancer dans la course à la carrière, ces mois sont précieux. Gâchés.

Le masque est le symptôme d’un mal plus sournois. C’est le bouton qui annonce la maladie.

Et j’espère plus que tout que nos adolescents connaitront à nouveau l’insouciance que mérite leur âge.

 

 

 

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