Maman médiocre vs maman modèle

Publié le par Raphaëlle

Depuis que je suis une instagrammeuse et que je suis des instagrammeuses, je vois ce qui se fait et ce qui se montre surtout en matière d’éducation.

Et je me dis que : oh la la !! Je n’ai pas été à la hauteur !! J’ai été une maman médiocre !!

Et je me dis aussi (ça c’est mon côté altruiste et bienveillant… tiens donc, je suis quand même dans le thème) que beaucoup de mamans doivent se sentir sinon mal, au moins pas bien.

 

Bien…

Alors évidemment, c’est super chouette de voir toutes ces mamans qui assurent de ouf, qui proposent mille activités plus innovantes les unes que les autres et qui inondent leurs enfants de bienveillance et de bons sentiments.

Ça donne un tas d’idées et ça remet en question. Plus on voit ce genre de comptes et plus on s’interroge sur nos propres pratiques. Les super mamans donnent des clés. Elles partagent les astuces. Elles encouragent, aident, accompagnent les autres mamans très souvent.

C’est une jolie ronde de bienveillance. Un cercle vertueux qui se dessinent dans l’intérêt des enfants.

En théorie, c’est donc plutôt chouette.

 

Pas bien…

Mais en pratique, les bons sentiments ont parfois l’effet inverse.

Je regarde en général les posts et les stories avec un sourire et l’envie d’applaudir. Et parfois, je les regarde avec une certaine culpabilité. Oui, elle n’est jamais bien loin…

Pour exemple, je suis un compte tout beige-bisounours. Le feed (les photos publiées) est lisse et parfaitement travaillé et maîtrisé. C’est beau à voir. C’est tendre.

La maison est super bien rangée et organisée. Les céréales sont dans des boîtes toutes propres, la décoration semble sortir d’un magazine, les vêtements des enfants sont assortis…Les jouets sont en bois et d’inspiration Montessori…

Alors même si, de temps en temps, elle nous montre un petit coup de mou ou un t-shirt qui dépasse du pantalon à bretelles, l’essentiel est dans la perfection.

Et c’est cette perfection que je prends en pleine figure. Je l’entends parler avec douceur et tendresse à ses enfants quand moi je prenais la voix du yeti mal réveillé. Je la vois passer du temps avec eux, jouer avec eux alors que j’étais toujours pressée, stressée.

Et je retombe dans mes travers : je me lamente sur mes propres manquements, mes erreurs. Car j’en ai eus et j’en ai faits ! Je le sais ! Je sais aussi qu’il ne sert à rien de pleurer sur le passé.

 

On fait le bilan…

Voilà ce qui est : ces jolis comptes ont ce double effet sur moi.

Ils m’inspirent (et ils sont là pour ça). Mes enfants ont certes bien grandi mais j’apprends encore et je peux toujours appliquer, en les adaptant, les bonnes idées que je glane ici et là.

Ils me font ressentir de la culpabilité. Certes mes enfants ne s’en sortent pas trop mal mais j’aurais aimé être meilleure.

Je n’ai pas pris assez de temps pour eux. Je n’ai pas toujours su garder mon calme. J’ai crié et puni. J’ai dit des mots qu’on associe aujourd’hui à de la VEO (Violence Educative Ordinaire). J’ai parfois pleuré devant eux et voulu être ailleurs. Je me suis impatientée devant leurs réactions d’enfants.

Oui, j’ai mal fait tout un tas de choses. Mais je les ai aimés et je les aime encore aujourd’hui plus que tout. J’ai sacrifié du sommeil (moi qui aime tant dormir) et du temps quand ils en avaient besoin. Je cherche toujours à leur délivrer un enseignement dans chaque épreuve, dans chaque événement, dans chaque discussion. Je les écoute et les encourage.

A moi de ne pas oublier ceci.

 

Comme dans toute chose, il faut savoir en extraire le bon sans en abuser. Je vais donc continuer à suivre ces comptes (et puis, se faire du mal c’est se faire du bien. Je ne vais pas simplement éviter ce qui me perturbe. Trop facile) et je vais également continuer à vous montrer mes failles et mes limites.

Ainsi, sur la toile et notamment sur le réseau instagram, vous pouvez voir le meilleur et le vrai, l’idéal et le rassurant, certains autres et moi.

A votre service…

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