Leçon de vie: petit oiseau

Publié le par Raphaëlle Hosteins

À l'heure du petit-déjeuner, mon regard est attiré à l'extérieur par une boule de plume qui peine à grimper sur la terrasse, pourtant haute de moins de 5 centimètres. Ça m'intrigue et j'observe la scène : l'obstacle franchi, il reste là, immobile, face à moi presque comme s’il m’attendait.

Je vais donc à sa rencontre, espérant qu'il s'envole mais convaincue qu'il ne le fera pas. Il panique cependant à mon approche, essaie de fuir de toute la force de ses petites pattes fragiles et piaille. Il se débat quand je le saisis, crie encore. Je le caresse, il se calme et ferme les yeux comme apaisé. 

Mon premier étonnement est que mes grands ne s'y intéressent pas vraiment. Pour ma part, j'ai toujours été attirée par les animaux et, à leur âge, j'aurais sauté sur l'occasion (ce que je fais à mon grand âge d’ailleurs). Nous appelons donc la petite, plus sensible à la condition de ce moineau et qui s’attendrit immédiatement. 

 

Je comprends aussitôt que le relâcher signifierait sa mort rapide. Canaille, notre chat, n'est pas le plus grand des chasseurs mais il sait profiter de la faiblesse des proies. 

Nous l'installons donc dans une boite à chaussures, normal. Je lui mets du coton, une coupelle d'eau puis, après délibération familiale, nous optons pour un bout de pain de mie, un soupçon de beurre, tout autant de confiture (bah, c'est le petit déjeuner !) et j'y rajoute un grain de raisin. Lui donner un nom me traverse l'esprit et puis je renonce : mieux vaut ne pas s'attacher...

 

On l'observe, on l'encourage mais très vite on réalise l'état de santé du volatile et on préfère être clair : il va sûrement mourir. Et voilà notre puce qui pleure. "C'est triste ma puce mais c'est la vie. On n'y peut rien. Et on lui donne du réconfort là ! C'est bien !"

Finalement, le suspense aura été de courte durée. Il nous aura quitté dans l'après-midi, pleuré par numéro 3. Ainsi va la vie. 

Ce fut une histoire brève et une triste leçon de vie que nous n'avons pas voulu épargner à notre fille de 7 ans. À tort ? Pour ma part, il me paraissait important de la confronter à la réalité, sans dramatiser et sans minimiser.


 

Leçon de vie: petit oiseau
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Leçon de vie: petit oiseau

Publié dans mon quotidien de maman

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