Et un jour, ils le font...

Publié le par Raphaëlle

Quand tu deviens maman (parent), tu découvres plus tard, au fur et à mesure des années, qu’il ne suffit pas d’avoir des principes et d’y croire fermement pour que tes enfants les intègrent.

Il ne suffit pas de montrer l’exemple, de dire et d’expliquer. Non non non.

Il te faudra le dire, le redire, le répéter, encore, le crier peut-être, le reredire, le souffler avec rage, le murmurer avec lassitude, le taire quand tu es trop lasse, le rereredire… Enfin tu as compris. Et tu le sais déjà sûrement si tu as fait l’erreur d’enfanter (on plaisante, merci).

 

Parfois tu doutes de toi et puis d’eux évidemment. « Mais p#%& de bordel de m%*# !!! Vous comprenez rien ????? ». Bon, si vous êtes une aficionado (---da ?) de l’éducation hyper bienveillante et que vous ne souhaitez pas leur crier dessus, vous pouvez toujours hurler dans votre oreiller. N’empêche que, parfois, ça fait du bien.

 

Voici donc ta vie : tu répètes, tu insistes, tu pries, tu pleures et puis un jour ils le font. Parce que c’est le moment pour eux, parce que c’est l’âge. Parce que les planètes sont alignées ou que le dieu des parents t’a entendue. Je ne sais pas. Mais il y a un jour où ça arrive.

 

Numéro trois me l’a prouvé deux fois coup sur coup.

 

Quand, ce dimanche, nous sommes allés en famille et tout sourire à l’accrobranche, j’ai réalisé un peu tard que la dernière fois, numéro 3 était un peu en panique. Bon, elle était bien plus jeune et papa n’était pas là pour l’encourager et la pousser… Pour autant, je n’étais pas bien certaine qu’elle y arriverait d’autant qu’elle nous suivait dans les parcours de grands.

Mais elle n’a pas râlé et elle a suivi. Et puis est venu le moment où elle n’arrivait plus à avancer. Elle fatiguait, luttait mais ne progressait plus, coincée dans un filet (j’avoue, c’est aussi celui qui m’a donné le plus de mal). Elle s’est mise à geindre et même à pleurer, criant qu’elle n’y arrivait pas. Entre 2 encouragements, j’ai cherché du regard un animateur afin qu’il puisse l’aider. Et quand j’ai à nouveau porté mon regard sur ma chouchoupinette, elle posait le pied sur la plateforme. J’étais tellement fière qu’elle n’ait pas lâché !!

 

Et puis lundi, elle a voulu m’accompagner sur une séance de sport dans le salon. Ce n’était pas la première fois : elle s’installe, elle commence, elle part à droite ou à gauche, elle cause, elle reprend et elle finit par abandonner. Trop dur.

Mais pas cette fois. Non, elle m’a suivi jusqu’au bout.

 

Jusque-là, elle cherchait toujours la facilité et laissait tomber au moindre obstacle.

À l’aube de ses 10 ans on dirait qu’un déclic a eu lieu.

 

 

Ce fut le cadeau numéro deux aussi. Après des années difficiles, il a semblé s’assagir presque comme par magie. Même si je sais que la magie n’y est pour rien. On a beau avoir répété mille fois les mêmes choses, un jour l’enfant semble l’avoir retenu, acquis.

 

Qu’est-ce que ça veut dire ? Faut-il laisser faire, laisser venir ? L’éducation ne sert-elle a rien ? Si tout vient à point à qui sait attendre, peut-être faut-il seulement s’armer de patience ??? (Bon, là j’ai un problème, je n’en ai pas beaucoup)

 

 

Alors, évidemment et vous l’avez vu venir : oui l’éducation est utile. Nécessaire même. Car rien ne viendra si on n’a pas d’abord mis les conditions.

Sans instaurer et répéter, on ne peut pas espérer de miracle. Un enfant qui n’est pas entouré de personnes parlant la langue française, ne dira pas son premier mot en français ! N’est-ce pas !! De la même façon, un enfant qu’on ne pousse pas vers l’effort n’a pas de raison d’en faire.

Je suis donc fière et soulagée d’observer que tout ce que nous avons essayé de leur inculquer trouve un écho chez nos enfants. Je me congratule et me félicite (qui le fera si ce n’est moi ?) car c’est aussi mon petit succès.

 

C’est donc gagné ?

J’aimerais dire oui et j’aimerais même le penser mais je sais que ça me ferait tomber de haut. Rien n’est jamais gagné en éducation. Un pas en avant trois pas en arrière. Bon, heureusement c’est souvent l’inverse. Mais je sais qu’à tout moment le progrès peut s’évanouir et il faudra répéter à nouveau et encore et encore (je vous l’ai déjà dit ? Je me répète…)

 

 

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