48 ans... bientôt la cinquantaine!

Publié le par Raphaëlle

N-2

Je suis très exactement à 2 ans de la cinquantaine et cela m’inspire tout un tas de choses.

 

La décadence et la peur

J’aurais voulu commencer par un autre sujet que ce négativisme malfaisant mais c’est quand même la première chose à laquelle je pense. A 50 ans, on ne peut même plus dire qu’on en est à la moitié de notre vie. On en a fait beaucoup plus qu’il ne nous reste à parcourir. Et c’est clairement flippant.

Les années sont passées si vite alors se dire qu’il en reste moins devant que derrière… Alors oui, parfois ça me paralyse.

Au-delà des chiffres, il y a les ressentis et le corps. L’âge y est pour beaucoup et la fibromyalgie m’en rajoute. Je me rends bien compte que je ne suis plus aussi mobile, solide, forte, résistante… Je dois désormais me ménager et accepter de ralentir. Je ne m’empêche pas vraiment de faire les choses : le hand, le ski à l’occasion, le running, les soirées. Mais mon corps me rappelle à l’ordre alors je fais moins fort ou moins vite ou moins souvent et je dois prendre le temps de récupérer. Enchainer des séances de sport sur plusieurs jours a pour conséquence, par exemple, de me provoquer des douleurs voire des blessures qui m’arrêtent plusieurs semaines. Alors à choisir, mieux vaut faire moins mais tenir sur la durée !

La peur, elle ne concerne pas que moi-même. Je suis aussi effrayée par l’avenir pour mes parents. Bien qu’ils soient toujours en forme et alertes, il viendra peut-être un jour où ils le seront moins. Et je n’ose imaginer ce qui pourrait les attendre. Lorsque nous entendons parler des parents des autres et de leur perte d’autonomie, on reçoit l’information comme telle : une information. Et aussi désolés que nous pouvons l’être, nous ne sommes pas directement touchés. Mais il en sera peut-être autrement à l’avenir. Et je ne me sens pas prête à être concernée (qui l’est ?). Ça m’angoisse.

 

La sagesse et l’acceptation

La cinquantaine, ou tout au moins la quarante-huitaine, rime aussi avec sagesse. Je suis bien plus réfléchie qu’autrefois et plus en accord avec moi-même. J’apprends à me connaître et à agir selon ce que je suis. Et je crois que je me préfère maintenant. J’en suis même convaincue. Bon, si une formule magique me permettait de retrouver mon corps d’il y a 5 ans (je suis quand même pas exigeante, hein !), je dirais oui tout de suite. Mais je ne souhaiterais pas revenir en arrière au niveau mental.

Et puis, même si je serais enchantée d’être physiquement plus mince et plus en forme, je vis le paradoxe d’être plus en paix avec mon image. On entend souvent ce genre de remarques et cela peut sembler légèrement mensonger : ne dirait-on pas cela juste pour se sentir mieux ? Une sorte de déni de la réalité ? Peut-être mais c’est alors un mensonge très bien assimilé pour ma part. Je me regarde avec moins de dégoût et une vraie acceptation. Un peu fataliste.  Il n’est pas question de me laisser totalement aller sous prétexte que je m’accepte mais je suis moins sévère avec moi.

 

 

L’envie de vivre à fond

Une fois que tout cela est dit, il reste une autre vérité : je ne suis pas encore dans la tombe et j’ai la conscience de ce qui est important pour moi et de ce que je vaux. Et je trouve que je mérite de vivre encore un tas de belles choses et qu’il est nécessaire de profiter de tout le temps qui me reste. Je ne veux pas passer mes vieilles années à ressasser des regrets. Je veux cumuler les souvenirs et savoir que j’ai vécu une belle vie, entourée de ceux que j’aime et riche en émotions.

Alors 50 ans, cela signifie une grosse fête en perspective. Chéri et moi avons fêté nos 30 ans en très grandes pompes et nos 40 ans dignement. J’ai bien l’intention d’en faire au moins autant pour les 50.

Et d’ici là et après ça, il y a mille choses à faire : des week-ends, des voyages, des sorties, des fêtes. Je ne veux plus m’empêcher de vivre au nom de je ne sais quelles obligations. Alors je vais au théâtre avec les copines, je joue au padel avec nos amis, je me projette sur l’anniversaire de ma petite-fille, je chante sans retenue au karaoké avec mes collègues, j’encourage l’UBB, je joue tous les matchs de hand possibles, je fais la chenille dans la chambre de ma petite (je vous assure que c’était un grand moment), je vais me faire masser sur un coup de tête, je me réjouis de voir ma mère faire le paquito (un autre très grand moment !!), j’organise une surprise à ma grande pour son anniversaire (et on se cache derrière la voiture en riant comme des bossus), je ris, je vis… Des grands moments et des instants de vie grâce auxquels chaque journée ou au moins chaque semaine est une réussite.

J’ai enfin l’impression d’avoir une vie heureuse et légère. Parce que je sais désormais en profiter pleinement quand, autrefois, je subissais.

 

Bref, j’ai bientôt 50 ans. C’est angoissant mais quoi de mieux pour oublier la peur que de vivre à fond !?!

 

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