Homme en déplacement: comment j'ai survécu...

Publié le par Raphaëlle Hosteins

Dans ton idéal de vie telle que tu te l’imagines dans ta jeunesse, tu as un travail intéressant, une jolie maison, un mari aimant et de beaux enfants. Dans l’ordre que tu veux.

En tout cas, c’était ma vision de mon avenir. Des plus classiques. Des plus heureux. Et j’y suis ! J’ai un travail qui me plait, un mari pas trop mal (il me lit, je ne voudrais pas qu’il prenne la grosse tête…), une chouette maison et 3 merveilleux enfants (enfin, tu vois quoi). J’y suis, à un détail près : mon homme est absent la semaine.

 

Quand il est parti en déplacement la première fois, j’étais anéantie. Il faut dire qu’il avait choisi la veille de mon anniversaire alors qu’on avait invité toute SA famille (la mienne étant loin). Bon, ok, il n’avait pas vraiment choisi la date. Mais ça m’a beaucoup affectée. J’étais très dépendante de lui. Timide, réservée et arrivée depuis peu à Bordeaux, sans amis, sans famille, je vivais à travers lui.

Le choc passé, il a fallu que je m’y fasse. Il n’était pas si loin. Les 2 heures de route lui permettaient de rentrer rapidement.

Il y a quand même eu une phase d’adaptation.

  • Pour moi, il m’a fallu accepter son absence et apprendre à vivre en autonomie. J’en étais capable, bien évidemment, intellectuellement parlant. Mais émotionnellement, j’étais fragile.
  • Pour lui, il lui a fallu prendre l’habitude de me donner des nouvelles chaque jour, comprendre que j’en avais besoin.

 

Puis, il s’est éloigné encore. Plus de responsabilités, plus de territoire à couvrir. Et dans le même temps, nous avons eu des enfants.

 

Comment survivre, en tant que maman, quand ton homme est en déplacement ? Tu dois tout gérer : les trajets, les courses, les rhumes, le travail, les rendez-vous médicaux, les réunions scolaires. Le quotidien et ses aléas. Tu dois être partout et tenir debout.

C’est usant. J’ai souvent craqué. Je fondais en larmes et j’appelais chéri pour lui déverser tout mon désarroi, ma lassitude. Il ne pouvait pas faire grand-chose. Un mot gentil pouvait déclencher une colère sourde en moi. De la rancœur. Alors il m’écoutait pleurer. Essayait de prononcer le mot juste. Et il se rattrapait mille fois le week-end.

 

Beaucoup de gens (et surtout de femmes) autour de moi me font remarquer le courage que j’ai. Il ne s’agit absolument pas de courage, c’est certain. Ce n’est pas courageux que de subir ce qui nous est imposé. Et puis, ce mode de vie, comme tout autre, offre quelques avantages.

Le premier et non des moindres : il a certainement sauvé notre couple. Quand chéri a accepté ce travail, il y a vu une échappatoire. Notre vie ne lui convenait pas. On se retrouvait chaque fin d’après-midi pour confronter nos divergences. Nos différences étaient assises entre nous sur le canapé. Elles prenaient de plus en plus de place. Il voulait de l’air, j’avais besoin d’être avec lui. Nous ne nous comprenions pas bien.

Autre avantage : être loin l’un de l’autre donne du temps pour réfléchir et relativiser. Au lieu de souffler dans nos disputes et de les faire gonfler au point d’éclater, nous prenions du recul. Et ne passer que 2 jours ensemble nous a obligés à les optimiser. Moins de fâcheries (non mais rassurez-vous, on se dispute autant que vous !), plus de plaisir.

 

Que peut-on déduire de cette expérience de vie ? Même si elle m’est très personnelle, je crois qu’on peut en tirer un apprentissage : tout est surmontable. Tout le monde est capable de s’adapter. Et j’aime à dire que si l’homme est l’espèce dominante en ce monde, c’est bien parce qu’il a su s’adapter. Chacun (e) de nous en est capable.

Homme en déplacement: comment j'ai survécu...

Publié dans Mi-nous: vie de couple

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C
Bonsoir à toutes!<br /> D’un coup je me sens moins seule… mon mari travaille dans les tournages. Il part toutes les semaines en déplacement n’importe où en France, en Europe mais aussi a l’autre bout du monde. Les durées varient de 2 jours à 8 jours … <br /> Je gère mes enfants ado seule, je travaille, je gère la maison, et les tous les rdv possibles des enfants de 16 et 13 ans. Sauf que je suis usée, fatiguée, je me sens archi seule une fois que mes loulous ont déguerpi dans leur chambre …<br /> Le fait de l’imaginer lui, sur un tournage en train de rire avec des collaborateurs - collaboratrices me rend totalement en colère et clairement j’envie sa vie … Je suis tellement en colère après lui, que je ne fais plus ces machines par exemple…<br /> J’ai par moment envie de le quitter, de cesser toute cette vie de « couple » qui n’en n’est pas une à mes yeux …<br /> Mais contre toute attente, je tiens… jusqu’à quand ? Je ne saurais vous dire…
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R
Bonjour Céline. J'ai aussi imaginé, fantasmé ses semaines à lui : pas de corvées, restaurants voire sorties avec des gens (hommes et femmes) que je ne connais pas, personne d'autre à penser qu'à lui... J'en ai été jalouse et il m'arrive encore de l'envier, naturellement. Pour autant, nous en avons discuté et je comprends aussi qu'il en ai marre des restaurants et de ne pas être chez lui.<br /> Il est difficile de trouver un équilibre et il est propre à chaque couple. Dans mon couple, à mon avis, ce qui permet de tenir c'est, d'une part, qu'il participe pas mal à la vie de famille quand il est là (et je lui laisse beaucoup plus volontiers qu'avant certaines charges) et, d'autre part, que j'évite au maximum d'imaginer sa vie.<br /> Mettre en exergue ce qui est positif dans la séparation régulière m'a aussi permis d'accepter la situation.<br /> Bon courage !
C
Bonjour personnellement mon mari a commencé à partir en déplacement j'en avais déjà trois rapproché et en bas âge. Je suis mère au foyer et perso quand il part je suis deux fois mieux organiser à la maison et ça nous fait du bien à tout les deux on s'appelle le soir mais la journée je profite. Ya des mère célibataire qui je pense souffre plus que nous car pour nous il rentre et ya aussi le salaire qui suis.
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R
Effectivement, la distance a ses avantages ! Et nous restons un couple avec ses avantages également. Chacun a sa façon de le vivre et c’est une bonne chose d’en relever le meilleur
S
Bonjour, <br /> Je viens ici en quête de conseils. J'ai lu attentivement tous vos témoignages et je vous admire mesdames. Vous êtes le sexe fort n'en déplaire aux machos.<br /> <br /> Me concernant, je suis actuellement jeune chauffeur routier, et j'ai pour but de faire l'international ( donc parti du lundi au vendredi) et j'avoue avoir peur de ce que cette absence va engendrer sur mon couple. J'ai grandi comme ça, avec un papa absent , qui lui même était chauffeur, reproduire le même schéma me va , mais ma conjointe déteste être seule la semaine. Et je ne sais pas ce que je dois faire, la convaincre, ne pas lui laisser le choix pour faire ce que j'aime. Je l'aime de tout mon coeur mais je ne pourrais pas non plus renoncer à ce que j'aime , même par amour malheureusement... <br /> <br /> Comme vous dite, " tous le monde" est il réellement capable de s'adapter ? De se sentir bien face à ces métier où le déplacement est inévitable ? Ne pas rentrer dans le couple du " la femme gère tout et l'homme travail " ... <br /> <br /> Merci a vous, de toutes coeur ♥️
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R
Bonjour Sacha. Je n'avais pas vu votre commentaire, désolée... Pour parler de ma situation, la seule que je peux juger, je dois dire que chéri ne m'a pas laissé le choix, du tout. Je l'ai vécu douloureusement mais avec un peu de recul, j'ai compris et accepté. S'il n'était pas parti, nous ne serions certainement même plus ensemble. Il en avait besoin et j'ai appris à en retirer du positif. <br /> Je ne cache pas que j'ai quand même beaucoup pleuré face à l'ampleur de la tâche que j'avais à accomplir en tant que maman solo la semaine. Malgré sa fatigue, il a toujours assuré avec les enfants le week-end, sans trop se plaindre. <br /> Il y a un équilibre à trouver et la communication est la clé, à mon avis.<br /> Bon courage !
D
Mon conjoint a décidé de reprendre du déplacement cela fesait 2 ans qu’il avait arrêter !! Je ne suis absolument pas d’accord j’ai vécu plus de 10 ans j’ai élever et gérer nos enfants seules , d’ailleurs j’ai toujours était toute seule !! Clairement après 14 ans, je lui ai dit que j’étais pas prête moralement à te subir ça et que la séparation nous pend au nez !! Il me comprend pas et ça part au conflit, mais j’ai donné j’y arrive plus
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C
Bonjour je suis une nouvelle femme de routier mon mari a débuté il y'a 3 mois maintenant au même moment que la perte de notre 3 ème enfants ceux qui fait que je vie mal c'est abscences car il n'a pas pu être là au moment où j'en avais besoin pas parce qu'il ne voulait pas bien au contraire du a la distance et depuis je vis comme un robot a la maison avec les enfants et les crises d'angoisse. Mes enfants qui n'ont que 12 et 8 ans m'aide beaucoup a la maison et me réconforte aussi. Je veux que mon mari soit heureux car il aime ce travail mais égoïstement a l'intérieur je n'arrive pas à l'accepter. J'ai peur dans parlé à mon entourage de peur de les soulé avec tous ça.
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R
Bonjour Cindy. Je sais comme c'est parfois difficile d'être seule, surtout au début. Et ta situation est particulièrement douloureuse. J'espère que tu trouveras un adulte dans ton entourage qui pourra t'écouter pour soulager un peu ta peine.<br /> Pour ce qui est de l'absence de ton mari, tu t'y feras certainement. Et peut-être pourras-tu, comme moi, en tirer avantage.<br /> Bon courage! (Viens me trouver sur insta si tu veux. C'est plus facile d'échanger ;))