L'amour dur dure

Publié le par Raphaëlle

J’avais envie d’écrire. J’avais besoin d’écrire. Et j’ai eu l’envie d’écrire à propos de mon couple.

Et je me suis replongée dans la série d’articles qui retrace les débuts de notre histoire, depuis nos 14 ans jusqu’à notre emménagement ensemble. Vous devriez essayer de temps en temps car s’immerger dans les souvenirs, les images, les sensations d’autrefois nous rappellent pourquoi nous sommes tombés dans ses bras et pourquoi nous avons souhaité y rester !

Sauf qu’aujourd’hui, j’aimerais poser ici la vérité d’un couple qui dure. Comme toujours, je vous rappelle qu’il ne s’agit que de moi, de mon expérience, de ma vie et de ce que j’en tire comme leçons. C’est ma vérité mais je ne doute pas qu’elle fasse écho à tant d’autres.

En 2026, nous nous connaissons depuis 34 ans, nous nous fréquentons assidûment depuis 31 ans, nous vivons une relation exclusive depuis 28 ans, nous vivons ensemble depuis 26 ans, nous sommes parents depuis 23 ans et mariés depuis 20 ans. Et croyez moi (mais qui ai-je besoin de convaincre ?), ce n’est pas facile.

Alors oui, je voulais partager un peu de nous et parler de mon couple. Parce qu’il est si fort et à la fois si fragile. Parce qu’il me porte et que parfois il me met à terre. Parce que l’amour n’est pas un acquis et que l’image que l’on donne n’est parfois qu’une façade. Tant d’obstacles sont à surmonter.

Nos différences

A commencer par ce que nous sommes. Les hommes et les femmes sont différents, tant par nature que par les acquis sociaux je suppose. Chéri et moi avons des tas de différences. Il est de nature sociable et je suis réservée. Il a une aura naturelle, une assurance incroyable alors que je suis si peu confiante. Il aime le bruit, le mouvement, la ville, j’apprécie le calme, la nature. Je suis ouverte et toujours prête à me remettre en question, il est buté. J’aime savoir, il aime faire. J’aime la lecture et les documentaires, il préfère les films d’action.

Nous sommes différents sur mille sujets mais notre force réside certainement dans notre capacité à faire un pas vers l’autre. Parfois vacillant mais tellement nécessaire. Et à apprendre à accepter l’autre dans sa différence. Et ce qui nous rassemble sans condition, et c’est peut-être là l’essentiel, c’est l’amour que nous portons à nos enfants et à notre petite-fille.

La charge mentale

Je ne pouvais pas éviter le sujet qui s’impose dans la plupart des couples. De par notre éducation et notre façon de vivre, nous incarnions le cliché : l’homme actif qui poursuit une carrière et ramène de l’argent, la femme (active aussi mais sans carrière) qui gère la maison, organise, planifie.

Pour autant, il a toujours participé à certaines tâches et s’est surtout toujours occupé des enfants lorsqu’il était présent. Se lever le matin, les amener à droite à gauche, les nourrir, les changer… Me restaient tout de même les missions qui pèsent : les rendez-vous médicaux, les dossiers d’inscription, les relations avec les écoles, la gestion des garde-robes…

La charge mentale m’est devenue évidente lorsqu’elle a été nommée et pointée du doigt dans la sphère publique. Avant ça, c’était un ressenti, parfois un mal-être mais je ne savais pas l’expliquer. Je crois qu’elle a perdu de sa superbe dans mon foyer mais chéri a du mal à admettre qu’elle a bien existé. A force de communiquer sur ce sujet, je pense qu’il a compris.

Ce qui nous a sauvé ? Je n’ai pas la réponse mais je dirais que c’est en partie le fait que j’ai accepté, longtemps, sans me rebeller. Les enfants devenus grands et notre couple ayant également largement mûri, la charge mentale s’est un peu dispersée, répandue, étalée jusqu’à toucher un peu tout le monde. Elle est mieux répartie. Et j’ai bon espoir qu’elle ne connaitra plus ses lettres de noblesse dans les couples à venir. Nos enfants sont alertés, nos garçons sont éduqués, nos filles sont armées.

Les épreuves de la vie

Grandes ou apparemment insignifiantes, elles jalonnent nos vies et ébranlent nos couples. Il y a les épreuves que nous subissons : la parentalité, le chômage, les galères d’argent ou de travaux. Mais ce qui éprouve le plus un couple, de mon point de vue, ce sont les incompréhensions, les non-dits, les rancœurs. Avec la fatigue ou la pression, on devient moins réceptif. Et ce que nous supportons un jour peut devenir intolérable un autre.

Ainsi, nous avons vécu des périodes où l’un ou l’autre préférait fuir pour ne pas avoir à supporter des remarques, des têtes en biais, des reproches ou juste de la passivité. Vivre ensemble, ce n’est pas vivre côte à côte ! Cela demande des efforts et des concessions.

Je crois que la communication est la clé. Il n’est cependant pas toujours aisé de parler ou de se faire entendre et nous n’avons pas toujours l’énergie ou l’envie d’écouter l’autre. Et quand je pose le mot « écouter », je veux dire par-là d’entendre les mots prononcés et d’essayer de comprendre les ressentis qui s’y cachent. Essayer. Comprendre. Ecouter. Parler aussi. Et se mettre à la place de l’autre. Avec calme et sincérité, on peut dénouer les tensions. Encore faut-il le vouloir. Et pour le vouloir, il est parfois bon de se souvenir pourquoi nous sommes tombés amoureux et de se rappeler les qualités de son conjoint.

Comme beaucoup de couples, tous à mon avis, nous avons traversé des moments de doutes si forts que nous avons envisagé de renoncer. Comment avons-nous tenu ? Pourquoi ? Il est resté assez d’amour et de respect à l’un pour laisser la porte ouverte et assez d’envie à l’autre pour l’ouvrir encore une fois.

Je ne détiens pas LA vérité. Seulement la nôtre. Peut-être même uniquement la mienne. Mais je sais que la vie de couple est semée d’embûches que l’on se crée parfois nous-mêmes et qu’il faut une volonté marquée pour les surmonter.

J’ignore si nous trouverons les ressources pour poursuivre le chemin ensemble. Nous essayons. Et nous avons encore des projets à deux, preuve que l’espoir est permis. Alors, même si l’amour est dur, il dure !

Publié dans Mi-nous: vie de couple

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