Petit frère

Publié le par Raphaëlle

Avant d’être une maman ou quoi que ce soit d’autre d’ailleurs, j’ai évidemment d’abord été l’enfant de mes parents et la sœur de mes grandes sœurs.

Pendant près de 3 ans, j’étais la petite dernière, la chouchou si l’on en croit mes sœurs. Et puis il est arrivé.

C’est d’ailleurs l’un de mes tous premiers souvenirs : nous attendions aux pieds de la maternité que notre mère en sorte avec notre petit frère. De petite sœur, je passais désormais à grande sœur. Une vraie promotion ! Je n’avais rien demandé. On ne demande jamais rien à ce sujet. Ou rarement.

Mes sœurs et moi, n’avions rien demandé. Je vivais bien le fait d’être la benjamine et mes sœurs ressentais assez de jalousie à mon égard pour avoir besoin d’en rajouter. Mais les parents ne demandent pas l’avis des enfants et voilà donc qu’on nous imposait un petit garçon à la maison.

 

J’étais très jeune et je n’ai pas le souvenir d’en avoir été jalouse. En tout cas pas à la naissance. Et son arrivée a rééquilibré la famille : les parents, les grandes et les petits. Chacun avait sa place. En binôme.

 

Si l’on me demande quels souvenirs me viennent spontanément de mon frère durant notre enfance, je livrerai des événements qui m’ont marquée mais qui sont plutôt négatifs.

Comme cette fois où il a voulu prendre mon vélo, mon beau vélo rouge (qui n’était peut-être pas si beau mais que j’aimais beaucoup). J’ai dû refuser et pour obtenir ce qu’il souhaitait, il m’a mordu l’épaule. Celle qui venait de recevoir un vaccin. Et si ma mémoire ne me trahit pas, je me suis fait gronder par mon père. C’est qu’il avait une bouille d’amour et que j’étais du genre boudeuse…

Et cette fois où notre père nous a demandé ce qui nous ferait plaisir : lui voulait une épée et un bouclier et moi un arc (j’ai toujours été attirée par les indiens). J’ai vu mon père fabriquer l’épée et le bouclier en bois. Je ne me souviens pas avoir eu mon arc. Finalement oui, j’ai été jalouse.

 

Mais très vite, ce sont d’autres souvenirs qui s’imposent. Et toutes ces journées passées à jouer ensemble.

Nous inventions des vies aux Playmobil et nous leur fabriquions toute sorte d’habitations en lego.

Nous jouions au chien et son maître, incarnant tour à tour l’un et l’autre.

Plus grands, nous avons passé des heures à jouer au Yams et à regarder des séries comme Urgences. Nous avons usé les cassettes d’Aladin et du Roi lion, récitant les répliques avec un plaisir toujours vivace aujourd’hui (oui, nous nous sommes refait le dessin-animé il y a quelques mois, dans notre bulle, tandis que nos conjoints préféraient déguster du vin, mi-amusés, mi-saoulés).

 

Comme dans beaucoup de familles j’imagine, l’âge adulte accompagné de ses grands bouleversements (couple, enfants, travail) nous a éloignés. Le lien s’est distendu mais ne rompt pas. Il est solide et souple. Il restera à vie mon petit frère et cela malgré les poils blancs qui colonisent son menton et les rides qui dessinent des chemins de vie autour de son regard.

C’est donc avec étonnement, surprise voire même une pointe de tristesse que j’ai réalisé qu’il vieillissait.

 

Aujourd’hui, mon petit frère a 40 ans. Je ne suis pas à ses côtés pour l’embrasser. Il ne recevra d’ailleurs pas beaucoup de baisers et de câlins en ces temps de distanciation forcée. Je ne peux qu’espérer que nous aurons prochainement l’occasion de fêter ce bel âge.

En attendant, petit frère, je veux juste te rappeler à quel point je t’aime. Tu es une partie de ma vie, une partie de moi. Mon cœur se gonfle d’écrire ces mots qui, je le souhaite, te donneront le sourire et te réchaufferont un peu dans cet hiver plus froid qu’aucun autre.

Joyeux anniversaire.

 

Petit frère
Petit frère
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Petit frère

Publié dans Pas qu'une maman

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P
Bonjour mes chéri(s), (ies), avec les réformes je ne sais plus comment terminer, si c'est le masculin ou le féminin qui l'emporte, je plaisante
Je ne me souviens pas de tous les évènements qui ont jalonné votre enfance
J'ai souvenir de la fabrication de l'épée et de l'écu (avec le lion PEUGEOT), pas de souvenir (et je m'en excuse) du refus de l'arc que j'avais dû juger plus dangereux que l'épée
Depuis, vous avez bien grandi et j'atteins la mi-parcours de ma vie (hi hi).
On ne se voit pas beaucoup et les conditions actuelles ne favorisent rien
Quoi qu'il en soit, l'adage "loin des yeux, loin du coeur" ne sera jamais d'actualité pour moi et sachez que je vous aime très fort
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R
C'est déjà oublié pour l'arc ... ah ben non :p Mais tu ne pouvais pas imaginer ce que je ressentais. C'était des émotions d'enfant. Tu es tout pardonné.
En tout cas, ce bouclier aura marqué nos esprits!
Je ne peux pas l'écrire à la vue de tous mais je t'aime. Ah ben je l'ai écrit :)
Et merci de me lire